Kapalsky

23 février 2017

Critique ciné: "Split"

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Atteint d'un trouble du comportement dissociatif, Kevin kidnappe et séquestre trois jeunes filles dans un sous-sol. Tiraillé entre ses vingt-trois personnalités, l'homme annonce l'arrivée imminente d'une vingt-quatrième...

Désormais sous l'égide de l'opportuniste producteur Jason Blum, dont les films low-cost assurent un retour sur investissement considérable, M. Night Shyamalan est pour beaucoup revenu en odeur de sainteté avec son dernier métrage, "The Visit". Du coup, les attentes bâties autour de son nouveau film, "Split", avec à l'affiche un James McAvoy hanté et méconnaissable, promettait monts et merveilles. Sans signer le meilleur de ses scripts ou revenir à une sophistication visuelle à laquelle il nous avait habitué par le passé, l'auteur revient à ce qu'il sait faire de mieux, à savoir trousser un thriller psychologique, bavard, tendu, et serti de quelques moments efficaces. Le métrage tire certes, le meilleur de Kevin campé par McAvoy donc, mais aussi de son rapport avec sa captive. Shyamalan croise deux récits de personnages qui viennent se répondre de manière frappante, une structure presque analogue à certains de ses précédents métrages. Et la révélation finale qui boucle le film, surprenante pour le coup, parachève cette impression de piqure de rappel, et justfie d'autant plus notre curiosité quand au prochain coup d'éclat du cinéaste. Chapeau.

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En bref: Le retour en grâce de Shyamalan continue avec "Split"; pas le film le plus grandiose fait jusqu'ici, mais un ajout très intéressant dans sa filmo. Bien qu'imparfait et parfois trop long, il marque le retour du cinéaste toujours en phase avec ses obsessions narratives et le gout prononcé du twist.

Note: 14,4/20

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17 février 2017

Critique ciné: "T2 - Trainspotting"

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Note: Le film à été visionné lors d'une avant-première; sortie natonale  le 1er mars.

Vingt après de douloureuses séparations, Spud, Sick Boy, Renton et Begbie, le petit gang d'Edinburgh se retrouve. L'occasion de régler des dettes, de faire le point et de parler du temps perdu...

La vogue du revival 90's s'intensifie, et porte avec elle le retour d'oeuvres encensées, datées ou cultes qui ont marqué la décénnie. Parmi elles, voici ce "T2: Trainspotting", qui marque le retour du groupe gagnant dirigé par Danny Boyle, alors dignes représentants de la nouvelle vague ciné anglo-saxon. Il parait étrange de donner une suite au film controversé, mais le film justifie son existence grâce à ses retrouvailles aussi jubilatoires que brutales. Toujours armé d'un penchant pour les afféteries visuelles et la direction d'acteurs sauvage, Boyle livre une suite colorée et anarchique, brassant la folie irresponsables de ses débuts et la maîtrise acquise depuis. Des retrouvailles dures, bruyantes et parfois teintées de poésie, qui parle aussi bien de(s) l'addiction(s) aujourd'hui qu'autrefois.

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En bref: Grosse dose de folie furieuse qui nous ramenrait presque dans les ambiances endiablées de rave party, "T2: Trainspotting" sera, pour les fans comme pour les néophytes, un sacré quart-d'heure. Sous ectasy, le retour de Danny Boyle et de sa fine équipe de losers drogués réjouit, réserve son lot de moments absurdes et poignants. Pas du grand cinéma, mais un film qui fera date par sa dimension référentielle.

Note: 14,3/20

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15 février 2017

Critique ciné: "Jackie"

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Endeuillée par le meurtre de son mari, jacqueline Kennedy arpente els coulirs de la demeure présenidentielle, traumatisée. La première dame doit affronter les médias avec dignité malgré le drame...

Campée impérieusement par Natalie Portman, l'épouse Kennedy domine un biopic à la reconstitution fidèle, mais dont la mise en scène traine la savate. Son rythme soporifique et son manque de perspective sur la globalité de la situation en font un drame oppressant à la musique stridente, ou comédiens suffoquent, la caméra leur collant aux basques inlassablement. L'éffort de la production est louable, comme celui de vouloir rendre hommage à une figure comme celle de la Première Dame, mais celle-ci, victime et rarement actrice de son destin, ne brille pas véritablement au coeur de ce ménage. Dommage.

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En bref: Anxiogène à souhait, "Jackie " est un biopic fort bien mis en scène, mais malgré des comédiens qui font un travail tout sauf reprochable, la raideur et la longueur du métrage tendent à le transformer en petit calvaire filmique. Un choix pertinent donc, pour relater le trouble existentiel de la célèbre veuve.

Note: 13/20

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13 février 2017

Critique ciné: "Cinquante Nuances Plus Sombres" + "Raid Dingue"

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Malgré des débuts houleux, la romance torturée d'Ana et Christian perdure, ponctuée d'ébats passionnés. Ana s'habitue progressivement aux tendances sadiques de son amant, mais d'autres de ses démons ne tardent pas à ressurgir...

Hollywood n'est pas en rade de bonnes oeuvres à adapter. Cependant, la rentabilité et le succès commercial étant les maîtres mots de l'industrie, pas étonnant de voir certains travaux greenlightés, peu importe leur médiocrité. C'est ainsi que "50 Shades of Grey", fanfic de Twilight glorifiée par le Net, à vite trouvé le chemin du grand écran, et sa suite ne promet pas de relever le niveau. Il est amusant de voir autant de moyens déployés pour un script dont la profondeur et les rebondissements équivalent à peu de chose près au niveau d'une fantasmes littéraires d'adolescentes. Le faste y est, mais pas les acteurs, et les scènes érotiques dépeintes ponctuées de r'n'b quelconque achèvent de transformer le tout en spectacle de ridicule involontaire. Nous savons d'ores et déjà qu'une suite arrive: la torture sera moins pour le postérieur de son héroine que pour le mental des spectateurs.

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Désireuse de faire partie du RAID, la jeune Joanna s'entraine afin d'être à la hauteur des attentes du groupe d'intervention d'élite. Par de bien amusantes circonstances, elle intègre le camp d'entrainement, où elle est prise en charge par Eugène, vétéran macho et malchanceux...

Depuis ses "Ch'tis" et son succès phénoménal, Dany Boon est devenu comme qui dirait un des boss du cinéma hexagonal. Avec son nouveau métrage, le bougre entend rendre hommage aux forces de l'ordre et faire un pied-de-nez aux préjugés sexistes. On accordera au comique le mérite de vouloir aborder un sujet intéressant sur le papier secondé d'une noble intention, cependant, sa radicale différence entre ce qu'il défend et ce qu'il raconte est un problème qui gangrène tant d'autres comédies du même acabit. Du coup, l'abus de slapstick et de situations faussements complices ont vite fait de saborder un film dont le propos aurait gagné à être traité avec plus de nuance. Mais ça, tant qu'on peut faire rire le spectateur avec ce qu'il faut de grosses blagues sur la guerre des sexes au 21ème siècle, pas de quoi se froisser un neurone.

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En bref: Lénifiant, répétitif et parfois même puéril, "Cinquante Nuances Plus Sombres" voudrait être un film érotique de grande classe, il donne l'impression d'un téléfilm surcôté expédié dans les salles. Un bon conseil; à moins d'être un fan conquis d'avance ou de chercher à se gausser devant le ridicule involontaire de la chose, mieux vaut aller voir ailleurs.

Note: 08/20

 

 

 

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En bref: Pas de quoi tomber raide dingue de "Raid Dingue". Laborieuse tentative d'infuser de l'action dans de la comédie et tentative encore plus lourdingue de déjouer les pièges du sexisme, le film saura certainement conquérir le public lambda, pour qui chutes, cabotinages et gags lourdingues sont le summum du rire.

Note: 11/20

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Critique ciné: "Moonlight"

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Jeune garçon élévé par une mère accro à la drogue, Chiron subit les brimades de ses camarades. Réservé, le jeune homme porte en lui un lourd secret qui le suivra des années durant...

Grand favori à la course aux Oscars, "Moonlight" mérite autant ses multiples nominations que sa récéption unanimement dythrambique par la presse. Si son réal Barry Jenkins, ne nous présente rien d'inédit en ce qui concerne les problèmes de la communauté afro-américaine, il nous livre un portrait juste et touchant d'un personnage dont le questionnement identitaire est traité avec une assurance et une grâce certaine. Jenkins esquisse au lieu de forcer le trait, et parvient, en dirigeant ses acteurs avec une incroyable retenue, à tirer une oeuvre parfois viscérale, qui prend son temps, mais qui génère une véritable empathie au bout du compte. Le plan final du film résonne avec encore plus d'intensité à la fin de ce long parcours émotionnel. 

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En bref: Récit âpre mais maîtrisé d'un parcours difficile vers la maturité et l'acceptation de soi, "Moonlight" n'aura certainement pas démérité son succès. Le beau film de Barry Jenkins dépeint les errances d'un homme dont le conditionnement social. Une belle oeuvre, au message fort et universel.

Note: 14,3/20

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08 février 2017

Critique cine: "Lego Batman - Le Film"

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Sauveur de Gotham City, batman est un être torturé, sombre et solitaire. Toujours aux trousses du Joker, sa terrible Némesis, le Chevalier Noir va bientôt se rendre compte que combattre seul les forces du mal ne sera plus suffisant...

Petite bombe qui à dynamité le monde compartimenté de l'animation made in Hollywood à sa sortie, le premier film Lego prouvait, à la surprise du public et de la critique, qu'il était possible de tirer un film d'une licence purement axée sur le merchandising sans prendre pas les marmots pour des demeurés. Mieux encore, sa dimension hautement méta et sa déstructuration des codes du genre l'ont élevé au rang des meilleurs films de la décade. Un statut hyperbolique certes, mais qui montre à quel point les audiences demandent d'être secouées dans leurs attentes. Ces attentes ne seront pas secouées par ce nouvel opus, consacré à Batman et à ses petis copains en cubes sortis de l'univers DC Comics. Comme dans le "Lego Movie", l'animation y est toujours impressionante, et la gaudriole fonctionne principalement à coups de gags méta et clins d'oeil pop-culturels. Mais sa mise en scène sous amphètes et l'overdose quasi-constante de mouvements qu'elle cadre, notamment lors de scènes d'actions frénétiques, oblitèrent parfois toute lisibilité. C'est lorsque les briques cessent de s'agiter de toutes parts que la magie opère, laissant respirer la douce folie de ses personnages. Une folie d'autant plus appréciable, à l'heure où la mythologie à phylactères nage depuis plus d'une décade dans une ère de désespoir et de noirceur forcée.

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En bref: Azimuté en diable mais mignon tout plein, "Lego Batman - Le Film" promet d'amuser autant enfants qu'adultes, ce qu'il réussit sans anicroche. Moins subversif que son film modèle, il à le mérite d'être le penchant joyeux de l'univers DC, une pilule de bonne humeur faisant oublier la médiocrité et la noirceur des récentes adaptations de comics de la Warner. Visionnage recommandé, donc.

Note: 14/20

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