Critique ciné: "Avengers"

Revenu de son exil d'Asgard, le demi-dieu Loki revient au coeur de l'organisation secrère S.H.I.E.L.D. pour s'emparrer du Tesseract, artifact utilisé comme source d'énergie. Nick Fury, chef de l'organisation, lance toutes ses forces armées à la poursite de Loki et du cube surpuissant. Mais lorsque ce dernier dévoile ses desseins machiavéliques, il se rend compte que l'heure est venue d'appeler tous les grands héros à la rescousse...
Enfin, le voila, le film sur lequel la sphère geek salivait si joyeusement depuis ces dernières années. L'idée meme de devoir diffuser leurs pellicules en meme temps que ce rouleau-compresseur médiatique devait hérisser les poils du plus hardi des distributeurs. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette aventure gentiment apocalyptique nous en donne pour notre argent! Avec aux commandes Joss Whedon, grand apotre de la nerd-dom, ce projet pharaonique, aussi visuellement détonnant soit-il, arrive surtout à scotcher grace à sa dimension humaine. Jouant délicatement avec les égos et défauts de ses héros, Whedon arrive à instaurer un équilibre entre les membres de cette fratrie du désespoir, bande de freaks et geeks dysfonctionnelle qui doit s'unir sous la bannière de la solidarité pour venir à bout d'un ennemi peu commun. Le récit est certes balisé, mais plein de bonnes surprises et de moments de drolerie excellents. Les spectateurs néophytes pourront enfin s'approprier la richesse de la cosmogonie Marvel, peut-etre au grand dam des fans hardcores. Mais c'est ce caractère universel qui ajoute encore plus à la dimension grandiose du métrage."The Avengers" n'est donc pas seulement à ce jour, le film de super-héros le plus excitant qui soit, mais aussi une oeuvre charnière, qui scelle le triomphe de la démographie geek, qui voit Hollywood répondre de plus en plus correctement à ses attentes et exigences. On trépigne déjà d'avance de revoir cette fine équipe combattre cote à cote dans un éventuel second opus.
En bref: Autrefois reléguée au rang de sous-culture, maintenant devenue mainstream, la culture comic à aujourd'hui droit à une de ses plus belles oeuvres. Buddy-movie farci de héros captivants et dopé aux séquences d'action héroiques et pointes d'humour énormes, "Avengers" est tout simplement le "nerdgasm" le plus génial que le cinéma américain nous ait offert depuis longtemps. A moins d'etre allergique à ce genre de divertissement, courez vite dans vos salles vivre un moment purement...épique!
Note: 16,8/20
Critique ciné: "Lock Out"

Accusé à tort, l'Agent Snow se retrouve se bien mauvaise posture. Sa dernière chance de se racheter est d'accepter une mission de sauvetage visant à retrouver Emilie Warnock, fille de l'actuel Président des Etats-Unis, captive au sein de MS One, une prison spatiale abritant cinq cent détenus dangereux et imprévisibles. AU coeur d'une mutinie à l'envergure dantesque, Snow va devoir se frayer un chemin parmi les couloirs tortueux de l'installation, peuplée par les pires psychopates qui soient...
En général, il ne faut pas s'attendre à de grands chefs-d'oeuvres lorsque l'on parle des productions Besson, mais force est de constater qu'un palier vient d'etre franchi avec ce thriller spatial. Alignant sans vergogne les poncifs du film d'action et empruntant allégremment quelques élements narrtifs issus de jeux vidéo récents, la nouvelle attraction EuropaCorp partait avec de bonnes idées sur le papier, mais les abandonne en cours de route. Encore, ces défauts auraient pu etre minimisés, voire integré comme partie du divertissement si la mise en scène tenait la route et faisait preuve d'un chouia d'audace en plus. Cependant, le navire est loin de couler, quelques scènes sortent du lot, Guy Pearce assure dans son role de loubard aux répliques amusantes. Il reste tout de meme ce gout amer à la fin de la projection d'avoir regardé un direct-to-video sur grand écran.
En bref: Pas fameux mais pas totalement à jeter non plus, "Lock Out" est un film d'action / sf qui se déroule comme un jeu vidéo, une série B sous influences mais sans grande trouvaille qui s'oubliera vite, mais à le mérite de s'assumer comme une série B pas méchante. Une production Besson en deçà du régime habituel.
Note: 13/20
Critique ciné: "Battleship"

Nous sommes à Hawaii, où l'US Navy en profite pour faire une démonstration de sa supériorité militaire. A bord de l'USS John Paul Jones, le jeune Hooper espère prendre du grade et avoir les faveurs de son supérieur, l'amiral Shane, afin d'épouser sa fille. Mais les démonstrations de rigueur vont vite tourner au drame, lorsque des entités extraterrestres attérissent et piègent une poignée de navires au beau milieu du Pacifique...
Pied de nez arrogant à l'intelligentsia du cinéma, et par extension au cinéphiles de tous ages? Preuve de l'abandon des producteurs à inciter toute forme de contenu un minimun original ou stimulant? Témoignage constenant d'un système qui ne se repose plus que sur les valeurs de sa pop-culture, au point d'aller en récupérer désepérément les fonds de tiroir? Difficile de savoir ce dont il s'agit, mais il est certain que la sortie d'un film comme "Battleship" n'augure forcément rien de bien joyeux pour l'avenir du cinéma moderne. Et quand on sait que derrière ce fiasco bourré de fric se cache les gros bonnets d'Hasbro, compagnie détentrice de licences lucratives telles que "My Little Pony", on se demande ce qui ne tourne pas rond dans ce monde. Recyclant impunément les clichés des films SF modernes et indigents, alignant les personnages typés et ne faisant preuve d'aucun effort d'imagination dans son traitement, ce blockbuster en aurait certainement moins pati si il avait été réalisé au second, voire au millième degré. Mais pensant qu'avec comme base scénaristique un jeu de plateau que les moins de vingt ans ne doivent pas forcément connaitre, les créateurs avaient de quoi orchestrer un coup de génie, ils se mettent le doigt de l'oeil. Résultat, on a droit à une copie carbone de "Transformers" matinée d'une bonne couche d'"Independance Day" pour faire bonne mesure (avec tous les defauts que cela comporte). Ca explose bien pendant deux heures, c'est bourré d'effets visuels impressionnants, mais c'est surtout fort en WTF. Car non content d'etre débile au départ, le film pousse la logique de la stupidité jusqu'au bout en nous offrant un florilège de moments plus droles et crétins les uns que les autres. Bref, la tirelire risque d'etre pleine pour les pontes d'Hasbro, et le spectateur le moins chanceux s'en sortira avec trois case en moins.
En bref: Vous l'aurez compris, "Battleship" s'impose comme un divertissement ricain comme on en voit tant aujourd'hui, puissance dix: explosif, bruyant, stupide, et malheureusement sans brillance aucune. Difficile de ne pas regarder ce spectacle comme une blague au second degré tant sa gènèse et son traitement tiennent plus du pari fou que d'une tentative d'exploiter proprement une licence... Vous voila prévenus!
Note: 12/20
Critique ciné: "Sur la Piste du Marsupilami"

Dan Geraldo, célèbre journaliste, doit trouver du scoof tout neuf pour conserver son poste de number one de l'info. Son seul moyen de remonter la pente est de repartir en Palombie, destination exotique qu'il a explorée quelques années auparavant, à ses humbles débuts. Mais à peine arrivé sur le territoire, les ennuis commencent. Flanqué de son guide Pablito, as de la débrouille en brousse, il part sur les traces d'une civilisation qui aurait découvert le secret de la vie éternelle...
Il y'a déjà dix ans, Alain Chabat et ses compères de cinéma dynamitaient l'écran avec leur adapatation géniale d'Astérix dans "Mission Cléopatre". C'est donc avec ravissement que fans de comédie de tous poils pourront enfin apprécier son dernier délire cinématographique, librement adapté de l'oeuvre éponyme créee par le grand André Franquin. Généreusement servie en franches tranches de rigolade, cette comédie d'aventures, portée par une troupe déjantée et contente de l'etre, frole l'audacité. Non seulement on a droit à un cartoon live réussi, mais aussi à une lecon d'humour magistrale: entre burlesque et non-sens total, blagues réferentielles et farces visuelles, le long ne laisse que très peu de répit aux zygomatiques. Et l'on découvre également avec joie les frasques d'un Marsupilami en images de synthèses bluffant, que son créateur n'aurait surement pas renié. Arrivant à étoffer suffisamment ses personnages et à articuler une intrigue abordable, Chabat réussit encore une fois un pari fou, celui d'arriver à transposer le meilleur de la littérature à phylactères sur la grande toile, avec un zeste de fraicheur et une grande cuillèrée de douce folie.
En bref: "Sur la Piste du Marsupilami" est sans nul doute la comédie française la plus allumée, la plus réjouissante et généreuse que le cinéma héxagonal nous ait donné récemment. Avec ses personnages hauts en couleurs et grands moments de rire aux gags imparables et non-sensiques, ce film n'à rien à envier au plus poilant des films d'animation actuels. Dix ans après Astérix, on peut bien le redire: "Avé Chabat"!
Note: 16,7/20
Critique ciné: "Young Adult"
Auteur de romans pour jeunes adultes sur le déclin, Mavis Gary est l'exemple type de la célibataire désabusée en apparence. Sa vie change le jour où elle recoit une invitation de la part de Buddy, ancien amour d'école, à feter la naissance de son premier enfant. Direction Mercury pour la belle, sa province d'originaire, partie avec l'espoir de reconquérir son ex petit copain...
Les films sur le retour au bercail ne sont pas toujours emprunts de douce mélancolie et de leçons de vie sur le temps qui passe. Si Rambo et d’autres joyeux lurons figurent parmi les exemples les plus flagrants, il faudra désormais ajouter à cette liste l’ignoble Mavis, auteur de bouquins à la ramasse, célibataire pochtronne qui aime noyer ses chagrins dans l’alcool et dont le mental est resté coincé aux années lycée. Convaincue que son flirt de bahut en pince toujours pour elle, elle part pour tenter de l’arracher à une vie tranquille de jeune papa et mari aimant…« Young Adult », c’est le retour du tandem gagnant Jason Reitman / Diablo Cody, mais surtout la nouvelle facette d’une Charlize Theron, qui après « Monster », épate encore, en incarnant une femme misérable et pleine de rancoeur. Même vêtue comme un sac, le charme de l’actrice opère et son venin ne manque pas de se répandre. La vilaine est épaulée par une troupe d’acteurs tout aussi à l’aise, comme le remarquable Patton Oswalt, ce qui donne lieu à de mémorables joutes verbales. On est loin du feel-good movie, mais qu’importe, car comme l’apprend l’héroïne à ses dépens, la réalité est souvent dure à accepter.
En bref : Chronique d’un retour au pays pas joyeux « Young Adult » dresse le portrait d’un personnage acerbe et bercé d’illusions, qui refuse de passer le cap d’une vie sentimentale entrée depuis des lustres. Une comédie caustique et gentiment méchante qui, sans être une grosse machine à rigolade, sait tirer parti du charisme de ses personnages.
Note : 15,5/20
La 8ème Nuit Excentrique!
Ici Kapalsky pour le rapport annuel de la dernière Nuit Excentrique, qui s'est déroulée comme toujours à la Cinémathèque Française de Paris en association avec le fameux site Nanarland, toujours placée sous le signe du délire, de l'innatendu, et surtout du divertissement sympathique. Au programme, mannequins en mousse, plans nichons, décapitations en série et ninjas pyrotechniques se sont enchainés pour le plus gand bonheur des cinéphiles déviants. Mais penchons-nous surtout sur les quatres films principaux de cette programmation musclée.

1er film: "Le Sadique à la Tronconeuse", de Juan Piquer Simon
Surfant sur la veine des slashers débutée avec "Massacre à la Tronconneuse" (comme on s'en doutait déjà à l'évocation du titre), ce nanar espagnol tourné aux USA dévoile les meurtres horribles commis par un psychopate dans l'enceinte d'une université. Riche en hémoglobine et en femmes découpées, il se distingue par son ambiance faussement oppressante, ses partis pris esthétiques proches du ciné expérimental et sa psychologie de comptoir. Délire assumé jusqu'au bout et plaisir coupable garanti!
Note: 16/20

2ème film: "Ilsa, Gardienne du Harem" de Don Edmonds
Un puissant sheik s'empare de nouvelles esclaves, aussitot domptées par l'impitoyable Ilsa, bras-droit martial aux atouts implacables... Episode d'une série de films consacrées à la plantureuse instructrice, celui-ci vaut assurément son pesant de cacahuètes. Ses scènes pseudo-érotiques, son hallucinant premier degré et la prestaton de ses acteurs en roue libre achèvent de faire tomber le spectateur dans un état d'hébétude pour ensuite confiner à l'hilarité. Un sommet de grand n'importe quoi!
Note: 15/20

3ème film: "Le Fuhrer en Folie", de Philippe Clair
Il a mis du temps avant d'etre projeté sur grand écran, mais l'attente n'en fut que plus satisfaisante: ce fut l'occasion de découvrir ou redécouvrir cette perle de la comédie française nanarde nous embarquant dans une Seconde Guerre Mondiale qui se joue à coups de ballon. Un intense moment de grande foutraquerie, mélange impossible entre les frasques de cartoons, l'enfilade de blagues de comptoir, les répliques à effet "blague Carambar" et autres anachronismes et stupidités empilées sur une heure et demie de pelloche; on aime ou on déteste, mais il faut le dire: c'est du lourd !
Note: 14,5/20

4ème film: "Le Gang des Crapules", de Godfrey Ho
Et une bonne Nuit Excentrique n'est rien sans son habituel film de ninas, et les habitués savent que Gdfrey Ho est juste la pointure dans le genre. Ne finissant pas de nous étonner, le cinéaste hongkongais nous perd dans une intrigue de combattants masqués et de dimanats volés dans ce 2-en-1 toujours aussi bizarre scénaristiquement parlant, mais aux outrances esthétiques mémorables et aux scènes d'actions dantesques. Grandiose!
Note: 14,5 / 20
En espérant que vienne vite la prochaine édition, je vous salue et vous dis à bientot pour de nouvelles aventures dans les contrées du nanar!


