Kapalsky

24 mars 2017

Critique ciné: "La Belle & La Bête"

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Lorsque Belle, jeune fille férue de lecture, s'aventure loin de son village, elle découvre un château où les objets ont pris vie, et où leur maître, une terrible Bête féroce et cruelle, règne dans l'ombre...

Les temps sont durs. Remakes, reboots et adaptations font loi à Hollywood, et en ces temps de revival des 90s, les studios capitalisent plus que jamais sur la vague nostalgique en cours. Disney, dans son optique absurde de remaker leurs chef-d'oeuvres histoire de renouer avec cette fameuse période de "renaissance", enfoncent le clou avec ce catastrophique portage live-action du métrage animé de 1991, signé John Musker & Ron Clements. A la limite, voir un gratin d'acteurs cabotiner pour toucher un gros chèque n'est pas le fait le plus abominable de l'entreprise, on a vu bien pire. Mais cautioner ce qui s'apparente ni plus ni moins à de l'insulte intellectuelle relève du défi. Rempompant les chansons et scènes clés du film d'origine, le tout avec un mauvais goût qui frise le génie malade, cette masacarade indigeste et artificielle tente de calquer un tempo taillé pour l'animation, sans chercher à le transcender ou même le comprendre, sans apporter un supplément d'âme. Un produit taylorisé qui exploite une énième Madeleine de Proust pour l'entuber sans vaseline, prétextant une nouvelle relecture ou un progressisme hypocrite et vain pour justifier son existence. Juste terrifiant.

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En bref: Beau gâchis de talent et de pellicule, produit sans âme tentant d'appater le chaland avec le facteur nostalgie, "La Belle & La Bête" version 2017 peine à camoufler sa nature mercantile. Du spectacle fastueux, à la production imposante, mais substantiellement en carton. Une honte.

Note: 08/20

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19 mars 2017

Critique ciné: "Paris Pieds Nus"

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Arrivée sur Paris avec la ferme intention de retrouver une tante perdue de vue, Fiona se perd dans les méandres de la capitale. La canadienne ne va pas tarder à croiser Dom, un sans-abri lunaire...

Cinéastes et comédiens de l'absurde poétique, comme le furent Jacques Tati et Pierre Etaix en leur temps, Fiona Gordon et Dominique Abel ont su en une poignée de films marquer les spectateurs curieux de leur univers enchanteur, mélant performances physiques et humour de situation. "Paris Pieds Nus" est l'occasion de découvrir Paris par le prisme de leur kaleidoscope filmique de ce tandem unique, où la gaucherie cotoie la grâce, où les êtres humains apparaissent sans fard dans une ville qui à la réputation de broyer l'individu, et où à l'instar des films de la belle époque, il est permis de rire, de rêver et de croire en couleur. Un feel-good movie en somme, qui comme "La La Land", avoue son amour immodèré pour les ambiances d'antan tout en étant de son temps. Un film qui mérite votre attention en ces temps moroses!

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En bref: Film simple, charmant et à la bonne humeur contagieuse, "Paris Pieds Nus" est la petite curiosité qui fait du bien et qui devrait titiller la fibre de tous les cinéphages curieux. Du cinéma unique en son genre, à voir sans réserves!

Note: 15/20

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17 mars 2017

Critique ciné: "Les Figures de l'Ombre"

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Au début des années 60, trois femmes noires ont oeuvré dans l'ombre de leurs compères males et blancs afin d'envoyer des machines dans l'Espace. Alors que la bataille pour l'égalité gronde dans les rues, ces demoiselles se battent pour envoyer le premier homme sur orbite...

L'administration Obama à cèdé la place au mastodonte Trump, et avec lui plane pour certains le voile presque maléfique d'un retour vers l'obscurantisme et les préjudices raciaux. Dans ce contexte de tensions multiples, l'art se fait l'écho d'une résistance au système, même si celle-ci est commandée par un motif opportuniste. Parti pour la course à Oscars mais revenu bredouille, "Les Figures de l'Ombre" à au moins pour mérite de mettre un coup de spotlight sur les figures éponymes qu'étaient les mathématiciennes noires opérant au sein de la NASA. Au-delà de son background historique fort, pas grand-chose de neuf dans ce biopic chiadé, qui s'il assure côté acteurs, n'offre aucune proposition de mise en scène folichonne, comme si sa dimension positive et sa caution historique étaient suffisantes. Pour les Osacrs, ça peut le faire, mais pour la postérité, on repassera. 

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En bref: Biopic dans les clous qui peut aussi faire office de feel-good movie, "Les Figures de l'Ombre" est un film au sujet fortement intéressant, certainement approuvé par l'ancienne administration Obama, qui véhicule haut et fort la supériorité de la nation et son désir d'égalité dans un contexte de révolte sociale. Bien, propre, mais sans plus.

Note: 13/20

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15 mars 2017

Critique ciné: "Grave"

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Elève en école de vétérinaire, Justine est une élève assidue et végétarienne. Lors du bizutage de rigueur, la jeune fille avale de la viande crue. Un évenement anodin à première vue, qui annonce pourtant un troublant éveil...

Précède d'une réputation très hypé depuis ses tours dans de nombreux festivals, "Grave" arrive sur nos écrans, avec la ferme intention de marquer son empreinte dans le paysage cinématographique français, jamais trop en manque lorsqu'il s'agit de films de genre. Disons-le tout de suite, le métrage de l'auteure Julia Decordeau est orchestré avec une audace et une assurance qui forcent le respect. Si les récits de transitions adolescentes sont légion, dépeignant l'évolution de fille à femme avec ce que cela comporte de heurts et de joies, rarement ceux-ci osent pousser la recherche du tabou à ce point. Glacante, drôle et inventive à la fois, cette transformation comporte son lot de surprises, dans une ambiance tantôt foutraque et glauque, qui convoque les oeuvres d'Harmony Korine, Marina de Van ou David Cronenberg. La nature du sujt étant des plus sensibles, le film n'est évidemment pas à recommander aux âmes les plus sensibles. Vous l'aurez compris, ce film est "grave" bien.

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En bref: Eléctrisant parcours d'une ado en proie à une faim hors-norme, "Grave" séduit par son ton radical et son audacité. Un coup de maître de la part de son auteur, la talentueuse Julia Ducordeau, qui signe une oeuvre formellement et narrativement aboutie. Un film qui, assurément, mérite ses nombreuses louanges de la part de la critique et du public, et votre attention de cinéphile curieux.

Note: 15,7/20

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14 mars 2017

Critique ciné: "John Wick 2" + "Traque à Boston"

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Après être sorti d'une rertraite meurtrière, John Wick, croque-mitaine pour les pègres de tous bords, reprend du service malgré lui, embringué de nouveau dans le business à cause d'une dette non réglée...


Succès surprise à sa sortie, "John Wick" premier du nom, sympathique actioner bourrin au demeurant, à été vite élevé par certains aficondos au rang de nouvelle référence absolue du genre. Probablement conscients de l'adoubement galvaudé dont leur métrage à fait l'objet les auteurs de l'original récidivent avec cette suite à la qualité toute relative. La recette qui faisait la force du premier opus reste inchangée: Keanu Reeves, en bon professionnel, continue d'envoyer ad patres du larbin à la pelle en leur distribuant moult prunaux et chatagines de manière millimétrée. De plus, la mythologie esquissée dans le premier opus, secte d'assassins au coeur de laquelle le meurtre s'opère en toute classe et cordialité, révèle un peu plus de son étrange fonctionnement, jusqu'à un final qui laisse entrevoir une suite ô combien cruelle. Si suite il y'a.  

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En avril 2013, la ville de Boston fut victime d'un attentat perpétré par deux jeunes terroristes. Afin d'éviter d'aggraver la tragédie, les forces de l'ordre se mobilisent pour retrouver les responsables...

Vendu chez nous sous un titre qui le fait passer pour un thriller anonyme, "Patriots Day" s'inscrit logiquement dans la filmo de l'engagé Peter Berg, qui nous a livré l'année passé un "Deepwater Horizon" en demi-teinte. Le cinéma ricain revient sur des événements récents, parfois pour interroger causes et conséquences, et d'autres pour l'aspect cathartique et le recul qu'apportent de prisme de la fiction. Cette "Traque à Boston" se classe clairement dans ce deuxième camp. Malgré la forme crypto-documentaire, avec caméra à l'épaule suivant chaque évenement, nous ne sommes pas dans un cinéma objectif ou analytique. Diablement efficace lors d'une poignée de séquences anxiogènes, "Patriots Day" remplit son cahier des charges à l'instar de ses précédents métrages de Berg, tous tirés de faits réels et relatant à des degrés de différence près des histoires de résilience du peuple américain face à la catastophe.


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En bref:  Brutal et nerveux, ce "John Wick: Chapitre 2" s'avère être amusant à regarder, sans d'être le monument ultime d'action que beaucoup s'évertuent à défendre. Une série B qui défouraille, avec son lot de répliques attendues et de killcounts destructeurs, suffisamment rigolo pour valider son visionnage en salles.


Note: 13,5/20

 

 


 

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En bref: Thriller perturbant et tendu sur les attentats meurtriers de Boston, et dans une certaine mesure, oeuvre à valeur cathartique pour un public en quête de justice, "Traque à Boston" n'est pas le film le plus fin sorti récemment sur le sujet du terrorisme, mais son efficacité joue pour lui lors d'une poignée de séquences fortes. Mérite le coup d'oeil.


Note: 13,3/20

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13 mars 2017

Critique ciné: "Le secret de la chambre noire"

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 Lorsque Jean devient assistant pour Stéphane, célèbre photographe, il découvre son univers et la délicatesse du processus argentique. Il rencontre également Marie, fille de l'artiste, jeuen fille éprise des plantes. Mais une étrange atmosphère plane dans la résidence du photographe...

Premier film en langue française du metteur en scène nippon Kiyoshi Kurosawa, "Le Secret de la Chambre Noire" est un moment de cinéma singulier, âpre et perturbant. Une oeuvre dont l'apparente raideur cache une montée crescendo de la tension, où fantasme et réalité s'entrechoquent, ou le voile de la mort plane mystérieusement. Kurosawa filme ce récit sur le deuil avec un classicisme appuyé, même si sa mise en scène et ses comédiens sont parfois au bord du ridicule. Ce qui ne l'empêche pas d'être solide et de conserver son ambiguité lors de scènes pivotales. Un exercice de style, en somme.

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En bref: Film d'auteur teinté d'onirisme macabre, "Le Secret de la Chambre Noire" agit comme un poison lent, distillant son ambiance vénéneuse le long de ses deux heures. Un thriller psychologique parfois bancal, mais pas dénué d'intêret.

Note: 13/20

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