Kapalsky

14 février 2019

Critique ciné: "Ralph 2.0"

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Ralph quitte l’univers des jeux d’arcade pour s’aventurer dans le monde sans limite d’Internet. La Toile va-t-elle résister à son légendaire talent de démolisseur ? Ralph et son amie Vanellope von Schweetz vont prendre tous les risques en s’aventurant dans l’étrange univers d’Internet à la recherche d’une pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Rapidement dépassés par le monde qui les entoure, ils vont devoir demander de l’aide aux habitants d’Internet, les Netizens, afin de trouver leur chemin, et notamment à Yesss, l’algo

Succès surprise de 2012, "Wreck-It Ralph" premier du nom avait marqué avec son casting bigarré et ses hommages déférents aux jeux vidéo rétro, ancrage moderne que peu de productions de la Maison de la Souris avaient abordé alors. Du coup, avec cette suite, les têtes pensantes de Disney jouent double bingo: tout en pérénnisant la franchise, elles abordent le sujet épineux d'Internet, et prouvent de facto qu'ils sont toujours dans le coup. Hélas, maintes fois hélas, cet opus perd en chemin tout ce qui faisait le charme du premier. Si la direction artistique chatoyante brille et que la relation entre les deux protagonistes demeure dynamique et attachante, ponctuée par une morale pas si idiote sur la  "toxicité" des rapports humains, cela ne suffit pas à combler les écueils d'une intrigue qui ne sert de prétexte qu'à accumuler les blagues maintes fois faites sur les affres de la Toile, sans la créativité et la vis comica qu'on était en droit d'attendre. Pire encore: ce canevas situationnel ne fait que mettre en évidence, de manière presque froidement cynique, la victoire totale de Disney en tant qu'entité culturelle hégémonique sur ses ouailles. Au détour d'une séquence horripilante spoilée dans la bande-annonce, la blague faussement subversive des princesses et les crossover gratuits veulent dédouaner cette terrifiante annexion de la pop-culture avec une désinvolture qui se voudrait complice. Peut-être que finalement, cette relation d'amitié toxique que dépeint le film concerne plus la relation de la surpuissante firme à son audience que celle de ses deux héros...

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En bref: Décevante suite d'une franchise qui n'en demandait pas tant, "Ralph 2.0" prouve encore une fois que faire des suites chez Disney n'est pas obligatoire. Derrière le vernis attrayant, les blagues attendues et un arc émotionnel au demeurant intéressant se larve une réalité déprimante: celle de la victoire ricanante de l'Empire Disney sur ses consommateurs.


Note: 12/20

 

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12 février 2019

Critique ciné: "Sorry To Bother You"

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Afin d'éviter de finir à la rue, Cassius Green, chomeur vivant à Oakland, se retrouve contraint d'accepter un poste de télémarkéteur. Un poste dans lequel ils e trouve être plutôt doué, après avoir appris une technique spéciale qui augmente considérablement ses ventes...


Film unique en son genre dont la sortie en France à été assurée par un excellent bouche à oreille, "Sorry To Bother You" n'a pas démérité sa petite hype venue d'Outre-Atlantique. Et pour cause: le premier long du musicien Boots Riley est une expérience difficlement résumable, dont il  vaut en savoir le moins possible afin d'en apprécier l'ingéniosité, les strates de lecture et les nombreuses suprises. Il est bon, même rassurant de voir une telle oeuvre émerger de la scène indépendante américaine, assumant jusqu'au bout son postulat, portant sa rage en étendard contre les dérives terrifiantes du capitalisme et les ramifications sociétales de ses abus, des questionnements identitaires en passants par la corruption des sphères de contrôle. Riley n'y va pas de main morte, distillant dans son film à charge un jerrycan de vitriol sur les tares d'une socièté corrosive, dont les requêtes inhumaines poussent davantage les pions du système à se laisser broyage davantage par l'uniformisation et la quête du rendement, quitte à laisser son intégrité au porte-manteau. Et bien que conscient qu'il n'existe pas de solution définitive à ces épineux problèmes, il nous enjoint de manière frondeuse mais créative à contrer toute forme de labélisation. Une belle invitation à trouver sa voix, criée par un auteur qui à définitivement trouvé la sienne.

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En bref: Satire démentielle et imprévisible à l'originalité folle et à la colère salvatrice, "Sorry To Bother You" ne sera pas le film le plus fédérateur sous nos contrées, mais se doit d'être vu, ne serait-ce que pour son statut d'OVNI filmique trop rare pour être manqué.  Un premier long d'une audace tant formelle que thématique, et un appel artistique à l'éveil des consciences  guidé par la vision singulière de son auteur. En gros: une belle claque!


Note: 15,8/20

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09 février 2019

Critique ciné: "Dragons 3: Le Monde Caché" + "Alita - Battle Angel"

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Coexistant pacifiquement avec les dragons, les Vikings de Berk vont se trouver confrontés à un nouvel ennemi, qui meance l'équilibre de la paix entre les deux espèces. Pour couronner le tout, l'apparition d'une Furie Eclair va quelque peu changer la relation du dragon Krokmou et de son compagnon Harold...

Dernier volet de la saga qui à sorti les studios DreamWorks du marasme artistique, "Dragons 3" a beau ne pas retrouver les hauteurs dramatiques de l'opus précédent, il en conserve les qualités visuelles et le ryhtme soutenu, s"avérant nettement plus appréciable dès lors que les personnages secondaires ne s'agitent pas lors des frasques abrutissantes. Car c'est lorsque le film laisse parler ses protagonistes, dragons comme humains, lorsqu'il prend le temps de scruter leurs visages afin de peser l'impact de ses scènes pivotales, que le métrage de Dean DeBlois trouve sa véritable puissance. Une combinaison adroite du mouvement et de l'image couplée à la fantastique partition de John Powell, d'où surgissent quelques moments de poésie fugace. Une jolie expérience à vivre en famille.

Dans un futur lointain, une jeune cyborg, remise sur pied par un bienveillant docteur, découvre un monde qui lui est totalement étranger. C'est au coeur de la grouillante Iron City que la baptisée Alita va devoir évoluer, tentant de dévoiler le mystère de son passé et de maitriser la force d'un corps conçu pour le combat...

The King of the World is back! Projet dantesque en gestation depuis plus de vingt ans, l'adaptation du manga cyberpunk "Gunnm" de Yukito Kishiro débarque enfin dans les salles, accompagnés des trépignements et attentes de cinéphiles conquis d'avance. Sous la houlette de l'exigeant démiurge Cameron, Robert Rodriguez à profité d'un budget colossal pour transposer un univers couché sur le papier en trois dimensions, cette fois sans en singer les cases ni en usant de gimmicks visuels distrayants. A tel point que la performance technique, bluffante au passage, s'oublie au bout de quinze minutes, et que le récit gagne en puissance dramatique, révelant avec panache les facettes de son héroïne au cheminement douloureux et empathique. Alita, pur modèle de protagoniste cameronien, démontre une résilience et une charme qui ont permis aux Na'Vis de faire chavirer la planète en leur temps. Il y' aurait beaucoup à dire sur cet objet de cinéma particulier, cette prouesse visuelle qui n'oublie pas de toucher au coeur, et qui promet du beau pour les futurs projets de son génial instigateur.

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En bref: Dernier chapitre de la populaire saga "Dragons 3: Le Monde Caché" s'impose, sans grand génie mais avec une efficacité relative, comme un convaincant climax émotionnel à la série démarrée il y'a bientôt dix ans. Un baroud d'honneur qui laisse espèrer que les prochaines créations DreamWorks retrouvent ce palier artistique. 


Note: 14/20

 

 

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En bref: Blockbuster aussi impressionant que viscéral, définition même de l'Arlesiènne SF fantasmatique, "Alita - Battle Angel" est probablement la première bonne (voire excellente) adaptation de manga commise par un studio américain. Cameron et Rodriguez allient leur forces pour donner corps et énérgie à un récit de SF chargé en émotion, en brutalité et en idées folles. Un film bigger than life qui porte les obsessions de son auteur et fédère avec une aisance difficilement imitable. Grandiose!!

Note: 15,9/20

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05 février 2019

Critique ciné: "Alien Crystal Palace"

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Un savant fou, imprégné d'ésotérisme, cherche à réformer le couple idéal de la mythologie égyptienne, Isis et Osiris : un homme et une femme qui s'aimeront d'un amour parfait. Il tente, en vérité, de surpasser le modèle des sites de rencontre qui pullulent sur Internet. Mais il ne réussit pas à accomplir son prodige. Et il se condamne à faire disparaître les sujets-objets de ses expériences et à tuer les couples qu'il réunit jusqu'à ce qu'il ait trouvé l'idéal.

Distribué dans une poignée de salles et s'adressant clairement à un public de niche, "Alien Crystal Palace", dernier film signé par l'idiosyncratique Arielle Dombasle, est une expérience filmique proprement hallucinante, dont le contenu, les jeux d'acteurs et l'intrigue ésotérique défient toute description. De quoi tarauder le spectateur, au choix hébété ou hilare devant un tel spectacle: doit-on voir dans cette suite de scènes psychotroniques toutes plus perchées les unes que les autres une cuvée nanardesque sans pareille, sublimée par un montage épileptique et des dialogues  écrits sous hallucinogènes; ou faut-il  y voir une oeuvre  expérimentale  libre et libérée, dont les insoupçonnée profondeur psychologique l'égale à un traitement formel avant-gardiste? A vous de vous en faire une idée, si vous osez vous approcher de ce (très) curieux film.

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En bref: OVNI cinémtographique dans le plus pur sens du terme, "Alien Crystal Palace" ne clignotera pas dans le radar de la majorité des cinéphiles, mais mérite toutefois leur attention: pur délire arty baigné d'une ambiance mystique punk, le film d'Ariellel Dombasle est une curiosité folle sans temps mort. Nanar deluxe ou oeuvre en avance sur son temps? A vous de décider.


Note:12/20

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29 janvier 2019

Critique ciné: "La Mule"

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Horticulteur respecté, Earl Stone à longtemps négligé sa famille pour son travail. Lorsque ses finances sont au plus bas,  le vieil homme trouve le moyen d'éviter la faillite en livrant, pour le compte d'un cartel mexicain, des kilos de drogue...


Tirée d'un fait divers qu'on croirait taillé pour la fiction, la dernière production Malpaso marque le retour surprenant du vénérable Eastwood devant la caméra, dix ans pile après sa prestation inoubliable de vétéran bougon dans le tout aussi grandiose "Gran Torino". Ici, le cinéaste aguérri, qui continue au rythme assidu d'un métrage par an, de faire montre de sa maîtrise de la mise en scène, sachant alterner entre plusieurs tonalités, sans jamais faire de fausses notes. Comme toujours avec ses récents longs, Eastwood dépeint des personnages aux valeurs morales fortes dans un monde à l'agonie, dont l'abnégation face à la fatalité n'a d'égal que leur obstination quasi-revancharde. Un nouveau rôle écrit sur mesure pour le maestro.

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En bref: Captivant récit d'un viellard en quête de rédemption, "La Mule" voit le grand Eastwood briller de nouveau face caméra et continuer à tracer son sillon d'auteur derrière. Sa maîtrise inégalée est au service d'un incroyable récit, à la tenson implacable et chargé émotionnellement. Quelle belle manière de démarrer l'année 2019.


Note: 15,7/20

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27 janvier 2019

Critique ciné: "Nicky Larson et le Parfum de Cupidon"

 

Nicky Larson, privé porté sur la chose, assisté de sa fidèle amie Laura, doivent élucider le mystère d'un parfum aux propriètés aphrodisiaques...

Chaque fois qu'on pense avoir trouvé le fond de l'abîme, on ne fait qu'y découvrir de nouvelles profondeurs. Après avoir tartiné les écrans de leurs immondes comédies ultra-beauf, au grand dam du cinéma français dans son entièreté, voila que Phiippe Lacheau et ses compères lachent leur "dream project", projet fou sur le papier qui à su enflammer la toile et s'attirer les foudres des trentenaires nostalgiques. Car non content de se réapproprier un manga culte déjà batardi par une version française à la réputation équivoque, "Nicky Larson" entend enfoncer le clou de la comédie régressive à coups de slapstick et de blagues vaseuses, de caméos et références appuyées, et d'un humour toujours aussi aussi navrant. On aurait pu déceler dans ce film de copains over-budgété quelques bonnes intentions, si les partis pris esthétiques, tant en termes de scènes d'action que de ruptures de ton, étaient faites avec un minimum d'intelligence. Or ici, toute tentative d'éveil de l'esprit du spectateur est absorbée dans un vortex de stupidité jamais drôle, et les rares éclats divertissants sont à mettre au compte des chorégraphes des combats. Le chaland amateur de grivoiseries y trouvera son compte, mais pas sûr que le fan hardcore de la série d'origine approuve le tout.

En bref: La France aussi à désormais sa navrante adaptation d'animé. Pur délire de potes mais mauvaise comédie, aussi poussive que régressive, "Nicky Larson et le Parfum de Cupidon" est un film fabrique avec enthousiasme, mais sans nuance, sans tempo et sans intelligence. Un succès aux box-office assuré, et la preuve que tout peut être greenlighté si ça fait multiplier les billets.

Note: 11/20

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