Kapalsky

22 février 2018

Critique ciné: "Oh Lucy!"

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Office lady célibataire, Setsuko se rend à la demande de sa nièce, à un cours d'anglais tenu par John, professeur américain à la méthodologie particulière. La vieille fille, rebaptisée à l'occasion Lucy, est emballé par la proposition...


Dans son lot d'absurdités et tragédies du quotidien, la vie réseerve son lot de surprises et de décisions inattendues. Comédie douce-amère qui fait autant rire que grincer des dents, "Oh Lucy!" est un récit subtil de quête intérieure, le genre qui ne cherche jamais à forcer l'identification ou l'interprétation fixe. Tout en nuances, le film, produit par le tandem Ferrell / McKay et porté par de remarquables comédiens, avec en tête la révélation Shinobu Terajima, n'éclaire rien de nouveau sur le malaise de nos existences solitaires ou notre besoin primoridal de connexion, mais à au moins à t'il le mérite d'éviter mièvrerie et morale pesantes, cancers communs à ce type d'oeuvres. On se prend vite d'affection pour cette héroïne, écrasée par les rigueurs sociétales de sa nation. Du coup, voir chaque partie de son voyage comme un pas de plus gagné vers son émancipation totale ne peut que remporter l'adhésion du spectateur. Pas forcément le moment le plus jouasse à passer en salles, mais parfois, c'est important.

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En bref: Petit film sans prétention, mais à la portée certaineent cathartique, "O Lucy!" est une comédie douce-amère joliment mise en scène, grincante par moments et poignante à d'autres, qui doit beaucoup à ses comédiens convaincants. Une petite curiosité pas piquée des hannetons.

Note: 14/20

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20 février 2018

Critique ciné: "Phantom Thread"

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Styliste à la réputation d'envergure, Reynolds Woodcock s'éprend d'Alma, une jeune serveuse dont il décide de faire son égérie. Mais la jeune femme va très vite se confronter aux démons intérieurs du célibataire endurci...


Favori pour la course aux Oscars, "Phantom Thread", dernier opus du maître P.T. Anderson semble taillé pour raffler les statuettes, avec son décor d'une élégance folle, ses comédiens impeccables et son scénario finement cousu. C'est clair comme de l'eau de roche. Ce qui fascine le plus dans le long-métrage plastiquement réussi, c'est la capacité d'Anderson à saisir le geste, à capter l'émotion brute, et, diaboliquement, instiller une bile d'une noirceur infime dans l'intime. Car il s'agit moins d'une histoire d'amour stricto-sensu, bien qu'il en ait les atours, qu'un duel psychologique entre deux êtres diamétralement opposés, un savant jeu de domination dont la subtilité n'a d'égal que le caractère machavélique. Beaucoup de tension dans un film apparemment sans plis.

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En bref: Drame de haute classe relatant une romance destructrice, "Phantom Thread" est d'une maîtrise indéniable sur tous les tableaux. Le genre d'oeuvre qui ne s'adresse pas forcément au grand public, mais dont les cinéphiles curieux et les amateurs de bon goût sauront se délécter. A voir!


Note: 14,4/20

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17 février 2018

Critique ciné: Cro-Man" + "Les Tuche 3"

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C'est durant les âges farouches que s'est développé le noble art du football... le jeune Doug, son compagnon Crochon et les siens, descendants des inventeurs du ballon rond, vivent une vie paisible, jusqu'au jour où des homo sapiens peu fréquentables vient bouleverser l'ordre établi...

Chouette, un nouveau Aardman en ce début d'année! Avec une poignée de longs-métrages sensationnels et une galerie de courts tout aussi réputés, on ne pouvait attendre qu'avec impatience le dernier né des artisants de la plasticine venus de la Perfide Albion. Sans égaler le génie du dernier long consacré aux légendaires Wallace & Gromit, "Early Man" est une proposition dans la pure veine de leurs précédentes oeuvres: douce-dingue, drolement grotesque et foncièrement réussie. S'il est nullement besoin de discourir sur la qualité du travail accompli, de l'acting des personnages impeccable et passant par une inventivité constante dans le slapstick, il est intéressant de voir à quel point son histoire, ou le football est traité en tant que pure religion, fonctionne très bien sur tous les âges, de pierre ou de bronze. Un très bon rythme, des séquences hilarantes et une belle galerie de trognes assureront à petits et grands quatre-vingt dix minutes de bonheur en salle. Courez-y!

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Fiers habitants de la petite ville de Bouzolles, les Tuche s'insurgent contre l'absence d'un TGV passant dans la gare locale. Jeff, le père de famille, se lance dans une croisade nationale pour sortir sa petite bouragde de l'isolement. Une croisade qui le mènera à l'isoloir, puisqu'il décide carrément de se présenter aux éléctions présidentielles...

Sorti il y'a quelques années, "Les Tuche" premier du nom, signé par le Olivier de l'ex-tandem "Kad & O", à mis suffisamment de postérieurs dans les salles pour que deux suites voient le jour. Ce troisième opus, sous le signe de la délicatesse et de l'esprit fin, relate les aventures d'une famille simplette qu'un imbroglio abracadabrantesque va mener dans les couloirs de l'Elysée. Au visionnage de cette sympathique comédie, bon enfant et jamais gratuitement méchante, on peut comprendre pourquoi le public s'est attaché à cette caricature du Français moyen. En plaçant ses joyeux lurons dans les rôles de dirigeants peu diligeants, Baroux fustigue à sa manière aussi bien les institutions politiques que le ridicule des valeurs sociales, qui toise souvent le peuple d'en bas avec condescendance, même s'il n'évite pas l'écueil de la dichotomie basique des gentils démunis contre les vilains nantis. On en sort avec quelques rires, mais pas un renouveau foncier de la comédie camembert.

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En bref:  S'il faut emmener vos marmots au cinéma, ou si vous êtes un mordu d'animation, ne manquez pas "Cro-Man", dernière pépite des studios Aardman, qui recelle rires en pagailles, idées de gags généreuses et de la bonne humeur en barre. Du fun pour toute la famille et à consommer sans modération!

Note: 14,6/20

 

 

 

 

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En bref: "Les Tuche 3" imagine le fantasme de l'homme du peuple aux commandes du pays avec un sens de la démesure et du stupide qui confinent parfois au génie. une comédie aux gros moyens, mais à l'instar de ses personnages drolement campés, aux ambitions modestes. On y passe un bon moment.

Note: 13/20

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16 février 2018

Critique ciné: "Black Panther"

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Souverain légitime du trône de Wakanda, nation africaine recluse du monde, T'Challa va devoir combattre un ennemi qui met en danger la sécurité de son royaume nouvellement acquis...


L'affrontement final des Avengers arrive à grands pas, mais avant de délivrer le bouquet final, Marvel continue d'étendre sur le grand écran son répértoire de personnages peu connus du grand public avec "Black Panther", fier guerrier des landes africaines, dont l'adaptation à susicté autant de controverses stériles que de louanges dithyrambiques. Cette nouvelle itération filmique, composée en majeure partie d'un casting afro-américain aussi bien devant que derrière la caméra, ne brise jamais la formule désormais rodée du MCU, mais délivre néanmoins son lot de bonnes surprises. Il faut dire que le backdrop exotique et la direction artistique pour le moins surprenante du film en sont les indéniables plus-values artistiques. Pour le reste, on se cantonne à une intrigue simple mais efficace, tirant parti de sa particularité culturelle avec suffisamment de panache pour éviter la caricature, et plus important, tirer son épingle du jeu, après une peletée d'adaptations qui commencaient à se noyer dans un taylorisme lénifiant. Une petite réussite donc, mais une réussite relative.

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En bref: Faisant la part belle à un casting coloré et un background culturel riche, "Black Panther" porte ses couleurs avec un éclat et une fierté certain. Un effort galvanisant effort de la part de la Maison à Idées, qui à au moins le mérite de créer un regain d'intêret pour les production du genre à venir.


Note: 14,5 / 20

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31 janvier 2018

Critique ciné: "Three Billboards, Les Panneaux de la vengeance"

 

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Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l'entrée de leur ville.

Cinéaste et scénariste de talent, Martin McDonagh se plait à sonder les tréfonds de l'âme humaine dans des histoires sombres, au sein desquelles évoluent des personnages brisés par la vie, ésseulés ou dysfonctionnels. Après un "Seven Psychopaths" en demi-teinte, l'auteur irlandais signe un nouveau tour de force avec "Three Billboards...", récit d'une quête de justice dans une Amérique profonde gangrénée par les spectres de son passé. Il suffit à McDonagh d'un postulat somme toute classique et d'un élement en apparence anodin, les trois panneaux semeurs de discorde en l'occurence, pour orchestrer une intrigue aux faux airs de roman de gare, mais vraiment géniale. Maniant comme à son habitude un humour noir dans un contexte hyper corsé, le cinéaste se joue presque de son cadre, utilise ses comédiens avec brio lorsqu'il s'agit de reflèter leurs félures, et ne lâche jamais la tension jusqu'à un final tétanisant, qui renforce la pertinence de son message. Cette morale, limpide car énoncée pendant tout le long, porte sur la futilité de la vengeance, de cet idiotie prondément humaine qu'est la Loi du Talion et ses désastreuses conséquences. L'illustrer de manière filmique avec autant de réflexion mérite clairement toutes les accolades.

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En bref: Ecrit en mise en scène avec force et intelligence, "Three Billboards..." passe du drame au rire, du désepoir à l'absurde avec une maestria absolue. Puissant dans son traitement, fabuleux dans sa simplicité, un régal filmique, et l'une des grosses baffes de ce début d'année 2018. Courez-y les yeux fermés!


Note: 15,8/20

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25 janvier 2018

Critique ciné: "Pentagon Papers"

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1971. Des documents top secret ont fuité, prouvant que l'état américain s'enlise dans le conflit vietnamien. Les membres du Washington Post comptent faire la lumière sur ces révélations sensibles, quitte à risquer de se faire évincer par les autorités...

Cette année 2018 démarre sur les chapeux de roues:à quelques mois d'intervalle, deux nouveaux films du maître Spielberg vont éclairer le grand écran. L'occasion pour tous les cinéphiles d'être à nouveau abasourdis par la générosité du cinéaste légendaire, dont les deux versants du cinéma qui ont fait sa renommée seront à l'honneur. Si "Ready Player One", prévu pour le printemps, renouera sans aucun doute avec son cinéma de divertissement, faisant la part belle aux imaginaires débridés, "The Post" vise son versant politisé, mais hautement humaniste, mené avec une maestria aussi déconcertane que celle du "Pont des Espions". Evidemment, on ne pouvait que saliver d'avance à l'annonce de cette intrigue post-Watergate, qui convoquerait les référents en la matière qu'étaient Pakula et Lumet. Et cette attente est récompensée par un spectacle d'une sobrièté étonnante et d'une incroyable tension. Il n'y a guère besoin de palabrer sur l'excellence des interprétations, la précision des cadres et l'intelligence du propos: ces données sont des valeurs acquises. Sans être parfait, le métrage demeure une magistrale leçon de mise en scène, et un rappel que Spielberg, avant d'être patriote, est surtout un démocrate.

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En bref: Thriller politique tendu, superbe plaidoyer pour la liberté de la presse, "Pentagon Papers" s'impose d'emblée comme l'un des rendez-vous ciné immanquables de ce début 2018. Solidité du script et des comédiens, mise en scène intelligente et dynamique: un petit régal de cinéma comme seul un vétéran de la trempe de Spielberg est capable de délivrer. Grandiose!


Note: 15/20

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