Kapalsky

20 juin 2018

Critique ciné: "Sans Un Bruit"

AQP1

Dans un futur proche, une famille survit tant bien que mal dans une région isolée. Ils s'arrangent tous pour faire le moins de bruit possible, car dehors, quelque chose rôde. Quelque chose sensible au moindre son...

Grand roi des explosions tonitruantes et producteur de remakes horrifiques, Michael Bay nous invite cette fois-ci à frisonner devant sa dernière production en date, où le silence est source de survie. Première incursion dans l'horreur du réal et co-star John Krasinski, que Bay avait dirigé dans le pas folichon "13 Hours", "Sans Un Bruit" imagine un scénario apocalyptique ou une menace venue d'ailleurs extermine quiconque élève émet le moindre décibel. Un concept monstreux, et un défi à relever pour tout metteur en scène, puisqu'il mettera l'accent sur le sound design plus que tout, et sur l'importance de ses cadres, pour faire monter le tension et dérouler clairement son intrigue. Aussi, parce que Krasinki s'en tire fort bien, menant son récit quasiment sans dialogue et avec d'énormes pointes de terreur, on pourrait presque lui pardonner certaines circonvolutions et entorses narratives. Le cinéma d'horreur actuel est tellement nivellé par le bas que lorsqu'une bonne surprise comme celle-ci se pointe de temps à autres, ça fait du bien aux yeux et aux oreilles.

afficheAQuietPlace

En bref: La hype outre-Atlantique à beau avoir sacralisé le film avant sa sortie, "Sans un Bruit" n'est pas encore un classique instantané. Il demeure toutefois un remarquable exercice de style, occasionellement malin et sacrément tendu. Gageons que son succès en salles incite producteurs et scénaristes à creuser un tel sillon horrifique, ou l'image et le geste prévalent sur l'esbrouffe. Chapeau!


Note: 14,7/20

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16 juin 2018

Critique ciné: "Hérédité"

Hereditary1

Suite à la perte de leur aïeule, une famille va se retrouver au coeur d'évenements tragiques...


Dans le marasme du cinéma d'horreur actuel, quelques bonnes surprises poitent ça et là le bout de leur nez, prouvant que le genre n'est pas condamné à donner dans la surenchère de jumpscares faciles. La preuve avec "Hérédité", premier film de son réal Ari Aster, et petite claque qui frappe autant par l'élégance de sa mise en scène que la brutalité de son traitement. Si son virage au fantastique plombe quelque peu son troisième acte, le film se révèle brillant dans son premier tiers, où le deuil familial est traité à la fois posément et frontalement. Interprèté avec viscéralité par la prodigieuse Toni Colette en tête d'affiche, il a beau adopter les poncifs du genre, du film d'épouvante lambda en passant par l'horreur auteurisante, il les fait avec une recherche esthétique plaisante qui dénotent avec l'horreur des évenements dépeints. Si vous voulez voir de l'horreur qui prête enfin plus à frisonner qu'à sourire...

afficheHereditary

En bref: Viscéralement interprèté et parfois vraiment tétanisant, "Hérédité" ne change pa sla donne du film d'épouvante actuelle, mais son traitement dramatique du deuil et le soin de sa mise en scène l'élèvent bien au-dessus des standards actuels. Un premier coup d'essai dans le genre horrifique sacrément intéressant, qui augure du meilleur pour son auteur.


Note; 14,6/20

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13 juin 2018

Critique ciné: "Ocean's 8"

 

Oceans81

Toute juste sortie de prison, Debbie Ocean, soeur du fameux Danny Ocean, s'entoure d'une poignée de spécialistes et met sur pied un plan consistant à subtiliser un collier de diamant d'une valeur inestimable...

La grogne critique sur le reboot féminise de "Ghostbusters" ne semble pas avoir échaudé les producteurs, en témoigne l'existence de ce spin-off tardif de la saga "Ocean's Eleven", qui n'a pas moult raisons valables pour justifier son existence. Tentant de redynamiser la franchise en y apportant faste et glamour, ce qui était déjà l'apanage des opus initiaux, "Ocean's 8" y oublie par contre d'y ajouter dynamisme et maestria scénographique. Et si ce petit power fantasy au féminin peut à la limite faire illusion pour les spectateurs les moins regardants, les autres y observeront un renoncement en termes cinématographiques. Filmé tantôt comme un téléfilm au Lexomil ou comme un pastiche des films de Soderbergh, le métrage de Gary Ross se contente de peu, arrivant même à saborder le charisme de ses voleuses en talons hauts, et ne met presque aucun bâton dans les roues dans la quête de ses héroines, rendant ce heist movie aussi plat que dénué de tension. Vite vu, très vite oublié.

afficheOcean's8

En bref: Spin-off hautement dispensable à l'ennui proportionnel à son budget fastueux, "Ocean's Eleven" est à la limite regardable pour qui veut laisser son cerveau flotter pendant deux heures. Pour d'autres, ce sera un voyage vers le néant. Un heist movie prétenduement féministe, mais vraiment rasoir.


Note: 11/20

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06 juin 2018

Critique ciné: "Jurassic World: Fallen Kingdom"

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Après les terribles incidents de Jurassic World, les anciens résidents du défunt parc d'attractions résident sur Isla Nubar. Mais l'île, soumise à une activité volcanique, menace les derniers dinosaures. Vétérans de la précédente catastrophe, Owen et Claire partent afin de sauver les quelques espèces restantes...

Dans le genre franchise loin de l'extinction, "Jurassic Park" se pose là. Son cinquième opus, suivant un "Jurassic World" en demi-teinte, vient relever le niveau de la saga initiée par Maitre Spielberg. Considéré par beaucoup comme le légataire du cinéaste humaniste, Juan Antonio Bayona, prodige ibère du cinéma fantastique,  trousse avec un brio désarmant l'un des blockbusters les plus fun et maîtrisés vus depuis des lustres. De la radicalité de son script aux niveaux de lecture multiples, qui va jusqu'à pousser son cocncept dans des directions surprenantes, en passant par la brillance de ses séquences bourées de money shots démesurés, presque tout dans le métrage transpire un amour de la mythologie de l'oeuvre de Michael Crichton. A un tel stade d'éxigence filmique et de réussite en purs terme d'entertainment mené tambour batant du premier au dernier acte, "Fallen Kingdom" tutoie les cimes du blockbuster à l'ancienne.

afficheJurassicWorldFallenKingdom

En bref: Déférent  envers son modèle, mais résolument tourné vers l'avenir, "Jurassic World: Fallen Kingdom" balaye d'un revers un réveil de franchise compliqué pour nous offrir un spectacle hallucinant, bardé de moments de bravoure. Une production Amblin menée par un Bayona inspiré, qu'on peut d'ores et déjà mettre, avec le récent "Ready Player One", mettre au somet des prods estampillées Spielberg!


Note: 15,8/20

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05 juin 2018

Critique ciné: "Gueule d'Ange"

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La jeune Elli, surnommée "Gueule d'Ange", doit composer avec une mère portée sur l'alcool. Du jour au lendemain, elle se retrouve  livrée à elle-même...

Drame social qui contient à peu près tout ce qu'il faut pour titiler la fibre cannoise, "Gueule D'Ange" a au moins le mérite de pousser son sujet vers certianes directions intéressantes, à défaut de raconter quelque chose de foncièrement original. Narrant comment une jeune fille se retrouve livrée à elle-même, faisant les frais des frasques d'une mère irresponsable, le métrage de Vanessa Filho dépeint, parfois justement à hauteur d'enfant, la détresse de sa jeune héroine. Certaines séquences, où cette même enfant tente de singer sa génétrice, sont à donner le malaise. Loin d'être un feel-good movie, mais n'évitant pas les écueils de l'oeuvre auterisante, "Gueule d'Ange" part avec de bonnes intentions, mais cela ne suffira pas à le démarquer de la masse du genre.

afficheGueuleD'Ange

En bref: Plongée intimiste dans la dérive d'une jeune fille issue d'un milieu white trash français, "Gueule D'Ange" est un premier film d'auteur bien marqué, à la direction d'acteurs solide, mais au propos maintes fois revu. Un drame où hédonisme destructeur, perte de l'innocence et négligence parentale s'entrechoquent pour créer une histoire pas loin du sordide.


Note: 13/20

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30 mai 2018

Critique ciné: "Manifesto"

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Conçu au départ pour une installation en 2014, "Manifesto" est un long-métrage expérimental, dans lequel Cate Blanchett, métamorphosée en douze personnages radicalement différents, s'empare de manifestes de divers artistes issus de courants majeurs. Recontextualisés et mis en scène avec un sens du drame et de l'emphase qui peuvent dérouter les non initiés à cette forme visuelle, ces textes encore plus abscons prennent une autre vie, une autre dimension. Une dimension que son metteur en scène prend un malin plaisir à cadrer maniaquement parfois, et avec une recherche esthétique prononcée, ou décors européens forment à eux seuls une présence supplémentaires. Un curieux objet de cinéma.


afficheManifesto

En bref: A réserver aux cinéphiles très curieux ou aux amateurs d'art contemporain, "Manifesto" est un long-métrage expérimental où textes de visionnaires sont réinterprètés avec malice, iconoclasme et flegme par une Cate Blanchett impériale.  


Note: 13/20

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