Kapalsky

18 avril 2018

Critique ciné: "Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot"

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Suite à un accident de voiture qui le laisse quadriplégique, John Callahan, homme au passé tourmenté et porté sur l'alcool, doit questionner ses choix de vie. Soutenu dans sa désintoxication, l'homme exprime ses frustrations par le biais du dessin....

Sujet qui à lui seul convoque tous les écueils du biopic à la limite du mélo, "Don't Worry..." s'en tire fort heureusement par une certaine sobrièté, permettant à son formidable casting de comédiens de briller à l'écran. Si son ambiance parfois pesante, au vu de ses thématiques principales, le range à des années-lumières du feel-good movie, le long de Van Sant fait le choix d'une narration non-linéaire, émaillée de trouvailles de montage fort intéressantes, et parvient à livrer le portrait touchant d'un homme en luttte avec ses démons. Du beau petit cinéma à échelle humaine.

afficheDon'tWorry

En bref: Biopic sur un sujet difficile mené et interpèté avec brio, "Don't Worry..." plaira d'office à tous les fans de drames intimistes, et aux aficionados du cinéma de Van Sant, jamais plus à l'aise lorsqu'il s'agit d'observer des gueules cassés.


Note: 14/20

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13 avril 2018

Critique ciné: "L'Ile aux Chiens"

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Touchés par une grippe canine foudroyante, les chiens de la métropole de Megasaki se voient déportés sur une partie de l'archipel nippon, transformée en dépotoir géant. C'est sur ce terrain désolé où les chiens sont livrés à eux-mêmes qu'éattérir le jeune Atari, parti à la recherche de Spots, son garde du corps à quatre pattes...

Cinéaste des univers singuliers et des familles dysfonctionnelles, le démiurge esthète Wes Anderson n'a eu de cesse de perfectionner son oeuvre, développant à chaque opus ses thèmes de prédilection et sa maniaquerie scénographique, au point d'en appliquer ses principes au petit monde du cinéma d'animation. Son premier essai dans le genre, le concluant "Fantastic Mister Fox", à prouvé que le cinéaste sait investir le médium tout en conservant sa patte. Dans "Isle Of Dogs", nouvelle proposition ô combien attendue, il est aussi question de pattes et de canidés rebelles, cette fois-ci mis au ban de la socièté par un régime strict. A un système qui cloisone et répudie toute forme d'individualité, Anderson répond comme toujours par un appel à la rébéllion avec un ton pince-sans-rire. Dans cette histoire follement originale, ou chaque plan démontre une trouvaille visuelle ou élement narratif curieux, le film d'aventure bon enfant cotoye le plaidoyer pour la cause animale, et la satire des institutions politiques croise la comédie alternative. Un beau mélange des genres pour un film qui, comme ses braves bêtes en plasticine, refuse de se laisser enfermer dans des cases. Et des cages.

afficheIsleOfDogs

En bref: Récit foncièrement original à la direction artistique magistrale, "L'Ile aux Chiens" s'impose d'emblée comme l'une des curiosités filmiques attendues à juste titre, que le public se doit de voir en masse. S'il permet de lustrer le palmarès déjà impôsant du père Anderson, son succès public pourra peut-être ouvrir des portes pour des formes d'animation plus riches et originales, à contre-courant des produits taylorisés proposés par les pontes du genre. A voir tout de suite!


Note: 16/20

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11 avril 2018

Critique ciné: "Red Sparrow"

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Après un accident de balelrine qui met un terme à sa carrière, la jeune Dominika est intégrée, par le biais de son oncle haut placé, dans un programme d'entrainement visant à former des recrues d'élite pour les interets de la nation russe...

Dans le genre film au concept revu mais qui aurait pu être un tant soit peu appréciable, "Red Sparrow", faux film féministe mais vrai voyage dans le passé en terme filmique se pose là, nivellant par le bas un sujet potentiellement captivant par une mise en scène et un rythme lénifiants. Le charisme, physique et le poids lourd médiatique de Jennifer Lawrence ne sont pas assez pour couvrir les lacunes d'une intrigue d'espionnage, à base de jeux de dupes, de torture et de séduction,  qui pense tutoyer John LeCarré quand elle rappelle les pires clichés sur la Russie de l'Ere Soviétique. Un tel récit, s'il avait produit avec une bonne dose de second degré, aurait peut-être crée un minimum d'identification et de plaisir de visionnage. En l'état, "Red Sparrow" est juste un film palot, qui se donne les airs d'oeuvre qu'il n'est pas.

afficheRedSparrow

En bref: Série B qui préfère se parer des oripeaux d'une série A surcôtée, "Red Sparrow" devrait tromper son temps lors du visionnage. Malgré son insistance sur son sexe clinique et sa violence sèche, ce métrage crypto-féministe assez prétentieux est plombé par une molesse générale et un scénario finalement bien plat. En terme de thrilles provocateurs, on a vu mieux ailleurs.


Note: 12/20

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06 avril 2018

Critique ciné: "Dans la brume"

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Un jeune couple parents d'une fille atteinte d'une maladie rare mettent tout en oeuvre pour sauver leur enfant, lorsqu'une épaisse brume recouvre Paris...

Dans le cinéma français, les rares propositions de films dits "de genre" ne tiennent pas toujours leurs promesses. Souvent trop timorés pour vraiment être mémorables ou trop centrés sur leur décor bourgeois pour totalement convaincre, ces oeuvres schizophrènes ne s'assument pas pleinement, comme pour s'affranchir du stigmate d'un cinéma dit "bis", donc rimant forcément de qualité douteuse. S'il ne brise pas véritablement la malédiction du semi-film de genre, "Dans la Brume", thriller haletant plongeant la capitale dans un enfer toxique, à au moins le mérite de briller un peu plus que ses voisins. Concis dans son intrigue, allant droit au but et contenant quelques petites brillances de mise en scène, le long de Daniel Roby sait ménager sa tension pour prendre au tripes, lors de passages qui happent l'air des poumons de ses protagonistes. Ses points noirs, comme un jeu parfois approximatif des comédiens, ne sauraient trop descendre un essai louable, qui mérite que le grand public s'y attarde un petit peu. Ne serait-ce que pour convaincre les porducteurs qu'en soutenant ce type de projets, ils sont sur la bonne voie.

afficheDanslaBrume

En bref: Thriller matiné d'un brin de SF et d'une grosse louche de frisson, "Dans le Brume" ne détonne pas particulièrement, mais n'a pas non plus à rougir face à l'opulence d'une série B US. Tendue comme il faut, cette intrigue de course contre la montre tient littéralement en haleine. Un effort modeste mais intéressant, qui prouve que le cinéma de genre français n'est pas totalement à bout de souffle.


Note: 13,8/20

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05 avril 2018

Critique ciné: "Gaston Lagaffe"

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Jeune stagiaire débrouillard, inventeur génial mais avec un énorme poil sur la main, Gaston débarque dans les locaux de la startup Le Peticoin. L'indolence du jeune homme et sa propension à causer des bévues éxaspèrent Prunelle, grand manitou de la boite...

Quand on voit le succès relatif des adptations de  bandes dessinées, on ne s'étonne ni s'offusque plus de voir presque n'importe laquelle portée à l'écran, qu'elle soit réputée inadaptable ou trop grotesque pour passer des petites cases au grand écran. Greenlightée on ne sait trop comment pour triturer amèrement la matériau du géinal André Franquin, "Gaston Lagaffe" est une comédie casse-gueule qui prête plus à grincer des dents qu'à sourire. Pas qu'on soit totalement contre la gaudriole à base de slapstick et de modernité, ce que le film entreprend avec une désinvolture forcée, encore faut-il qu'elle délivre un humour un tantinet communicatif, et dans le meilleur des cas, soit en accord avec l'oeuvre qu'elle transpose. Hélas, des choix narratifs hasardeux en passant par des saynètes indigérables, c'est tout un monde rigolo qui se dégonfle comme un ballon de baudruche, et ceux malgré la bonne volonté de l'ex-Robin des Bois PEF devant et derrière la caméra, qui avait surement à coeur d'honorer la bédé éponyme. Faire rire est un art délicat, et son parcours est semé de peaux de bananes.

afficheGastonLagaffe

En bref: "Gaston Lagaffe", ou quand l'absurde confine au pathétique. Une triste adaptation d'un monument de la bédé comique, qui ne fera pas date, ne marquera pas les esprits. Malgré sa tentative de renouer avec un jeune public tout en plaisant aux vieux de la vieille, le film peine à trouver un équilibre et se vautre continuellement.


Note: 10/20

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04 avril 2018

Critique ciné: "The Battleship Island"

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Le Seconde Guerre Mondiale arrive à son terme. Sur l'île d'Hashima, des centaines de coréens sont embarqués contre leur gré pour creuser dans les mines et servir de main d'oeuvre dans des camps de travaux forcés. Mais une résistance ne va pas tarder à s'organiser...

Impressionant blockbuster revenant sur une sombre page de l'histoire coréénne, "The Battleship Island" est un spectacle épique dont la puissance dramatique n'a d'égal que la cruauté des évenements dépeints. S'il ne brille pas spécialement par une écriture subtile, le métrage de Ryoo Seung-Wan, qui convoque bon nombre d'illustres référents dans ses choix artistiques, à le mérite de conjugueur grande et petites histoires efficacement, appuyant sa nature d'oeuvre d'utilité publique, et démontre un brio scénographique, délivrant des séquences d'anthologies à la violence intense, taillées spécifiquement pour le grand écran. Encore une fois, avec un sens de la démesure et du mélo ahurissants, le cinéma corréen, toujours dans la radicalité, produit ce qui peut se faire de mieux dans le genre.

afficheBattleshipIsland

En bref: Grand drame époque sanglant tout bonnement grandiose, "The Battleship Island" mérite le détour, ne serait-ce que pour la page d'histoire sombre qu'il reviste et l'énormité du spectacle qu'il propose. Un blockbuster de grande classe, brutal et sans concession, qui met au placard bon nombre de films du genre. A voir!


Note: 15,8/20

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