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Kapalsky

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29 octobre 2026

Critique ciné: "Hope"

Dans leur bourgade tranquille nommée Hope, deux policiers vont devoir affronter des entités dangereuses venues semer le chaos...

On connait le coréen Na Hong-Jin pour ses thrillers enfièvres dont l'atmosphère poisseuse et anxiogène rivalise sans peine avec les cadors du genre. Aussi est-ce assez étonnant de voir l'auteur célébré s'adonner à de l'action pétaradante avec "Hope", première incursion dans le genre qui faisait saliver depuis sa présentation à Cannes. Une petite campagne sud-coréenne en décor de western moderne ravagée par une menace surnaturelle, ça vend du rêve, excusez du peu. Et force de constater que l'action y est brutale, nerveuse et parfois même sacrément impressionnante. Le souci, c'est que ces morceaux de bravoure ne sont pas soutenus par une structure narrative à la hauteur de ce à quoi l'auteur nous a habitué. Véritable agrégat  d'influences allant de l'animé au jeu vidéo, il oublie en cours de route d'étoffer ses personnages, et comble de la misère, dévoile sa thématique / coeur émotionnel au détour d'un troisième acte proposant une optique plus intéressante. Un acte manqué débouchant sur un cliffhanger qui devient d'autant plus frustrant. Aucun doute, l'auteur explore toujours la peur et le préjudice comme moteurs d'aliénation sociale. Cette fois-ci, il a décidé de le faire avec la grâce d'un bulldozer.

En bref:  Thriller, action, sci-fi, horreur: "Hope" passe les genres au mixeur pour un résultat étonnant, indigeste par endroits mais généreux sur la castagne brutale. Raccord avec les marottes thématiques de son auteur, le métrage n'est hélas pas fin pour un sou et se tire une balle dans le pied pour être - ironiquement - trop long et trop con. Du bel ouvrage à n'en pas douter, mais le chef-d’œuvre attendu n'y est pas encore.

Note: 13,4/20

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24 octobre 2026

Critique ciné: "Clayface"

Au faîte de la gloire, l'acteur Matt Hagan se retrouve agressé par un criminel notoire, le défigurant sérieusement. Désépèré, il fait appel au dr. Corr, travaillant sur une soltion expérimentale pouvant réparer les tissus endommagés...

Le bestiaire barré et tragique de Gotham City est l'objet d'un nouvel opus supposé solidifier les fondations du DCEU encore branlant de James Gunn. Comme son nom l'indique, "Clayface" s'attarde sur la destinée de Gueule d'Argile, acteur déchu se muant en créature polymorphe. La décision de faire de cette origin story un thriller horrifique donne tout son poids et intérêt à la chose, lui permettant de brosser la psychologie de son protagoniste et de s'autoriser des séquénces à l'inventivité gore pas piquées des hannetons. Ce n'est pas forcément heureux à tous les étages - certains passages trainent en longeur et la détresse existentielle s'étiole pour laisser la place vite à la revanche cathartique - mais on savoure le tout sans grand déplaisir. 

En bref:  Origin story teintée d'une bonne louche de gore, "Clayface" se sculpte une gentille place dans le registre du body horror et donne au DCEU un opus destiné au public mature. Ambiance noire et quelques étincelles d'idées chouettes; ça frôle certainement pas le génie mais ça change du tout-venant super-héroïque habituel. Un pas vers la bonne direction. 

Note: 13,4/20

20 octobre 2026

Critique ciné: "Englouti"

Parti en plongée pour faire le deuil de son paternel, le jeune Jay se fait gober vivant par un énorme cachalot...

Après avoir affronté le chaos des univers du réal Zach Cregger, Austin Abrams se retrouve confronté à un nouveau cauchemar cinématographique, étonnement plus probable en réalité. Survival tendu et claustrophobe qui parvient à nous tenir en haleine dans son second tiers, "Whalefall" fait preuve d'une cruauté assez sadique envers son protagoniste - similaire au précédent métrage de son uateur Brian Duffield intitulé "No One Will Save You" - indiquant bien une marotte thématique doloriste axée autour des liens familiaux. Car plus qu'une survival aquatique, on est dan sun drame familial ampoulé, ce que le troisième acte martèle en longueur, se plombant lui-même en s'octroyant une dimension poético-métaphysique quelque peu déplacée. Bref, si l'on omet sa longuette mise en place et son dernier tiers lourd et larmoyant, le métrage se zieute en bon petit thriller capable de faire recorqueviller les orteils.

En bref:  "Englouti" est un thriller sous-marin particulièrement tendu et cruel pour un PG-13 qui voit un jeune homme braver les élements dans un contexte très hostile. Nonobstant sa lourde métaphore du deuil, ce divertissement se regarde sans déplaisir.

Note: 12,7/20

19 octobre 2026

Critique ciné: "Malfaisante"

La petite Bela à un problème: elle voit des visions d'une entité qui s'approprie la visage de sa mère...

James Wan continue de perpétuer la frousse cheap pour amateurs de frissons avec un nouvel opus produit par sa boite avec Jessica Chastain en caution de luxe. Le problème de "Other Mommy" (titre original bien plus rigolo) ne tient pas dans ses jumpscares éculés mais dans sa thématique qui semble avoir beaucoup de décennies de retard. Comme coincé dans une bulle WASP avec ce que celà comporte de bondieuserie et de conservatisme, son script nous demande d'avaler un twist particulièrement réchauffé sur lequel tient toute le drame du film. Seules quelques cinq minutes visuellement inspirées survivent au naufrage, et elles ne sont pas suffisantes pour sauver le navire. bref, à y aller en faisant abstraction de son final poussif.

En bref:  "Malfaisante" joue une énième carte de malédiction autour d'un concept de délitement def amille nucléaire qui à hélas trente ans de retard. Tout cela est bien pauvre,e t ce malgré une facture acceptable. L'horreur hollywoodienne est toujours une gageure en 2026. 

Note: 11/20

16 octobre 2026

Critique ciné: "Street Fighter"

En 1993, Ryu et Ken, deux guerriers que la vie à séparé, se retrouvent au World Warrior Tournament : une compétition féroce supposée déterminité qui sera le plus grand combattant au monde. Mais derrière cet évenement se cache un plan bien sombre....

Les années 90 n'ont pas été clémentes pour les amateurs de jeu vidéo, ces derniers voyant leur licences préférées passer à la moulinette hollywoodienne sans grand ménagement. Victime de cette course au profit, le premier portage de "Street Fighter" - pantomime foutraque à deux doigts du nanar de luxe - hante encore les mémoires. Trente ans plus tard, cette même industrie encore plus dans les choux qu'avant refait le pari de rendre la saga de jeux de baston potable sur grand écran...Pari réussi! Car non seulement cette mouture enterre la précédente, mais arrive t-elle en plus à faire l'équilibre entre humour crétin et respect de son lore. Bastons punchy, répliques qui foisonnent, ambiance bariolée et bande-son aux petits oignons... on se retrouve devant ce que le blockbuster américain avait oublié de faire depuis belle-lurette: nous procurer une belle dose de fun! Se savoure évidemment encore mieux avec les neurones en berne, qu'on se le dise! 

En bref:  Coloré, brutal et marrant, "Street Fighter" version 2026 s'offre unc asting de cadors pour un blockbuster d'action qui assume autant sa crétinerie que le premier degré de son univers vidéoludique. Une rasade rafraichissante de fun décompléxé qui file la banane autant que ses protagonistes mettent des pêches! 

Note: 14,8/20

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8 octobre 2026

Critique ciné: "The Social Reckoning"

Une employée de Facebook voyant son amie dériver dans un extrême contacte un journaliste d'investigation pour lui révéler le dessous des algorithmes...

Seize ans après le triomphe "The Social Network", Aaron Sorkin taille de nouveau un costard au géant de la Tech Zuckerberg avec cette suite spirituelle qui s'intéresse moins à l'individu psychorigide qu'aux ramifications tentaculaires dont sa propriété est responsable. Contrôle des informations et liberté absolutiste s'opposent dans cette enquête contenant toutes les marques auteuriales de Sorkin, mais manquant du punch et de la précision d'un Fincher pour élever le tout. Porté par ses comédiens investis et direct dans sa démarche, le métrage ne risque pas de faire jaser cependant, quand bien même son sujet est d'une effroyable actualité et pertinence..

En bref:  Thriller d'investigation solide sans être renversant, "The Social Reckoning" revient sur la débâcle Facebook et sa responsabilité dans la montée des extrêmes. Bavard, technique peu engegeant, le film fait l'affaire même s'il lui manque une patte visuelle et un bon rythme pour marquer.

Note: 13,2/20

30 septembre 2026

Critique ciné: "Digger"

Propriétaire d'une gigantesque compagnie pétrolière, Digger Rockwell s'apprête à affronter la colère du monde entier lorsque son entreprise cause un incident écologique aux funestes conséquences ...

Cinéaste mexicain qu'on ne présente plus, Iñárritu semble prendre un malin plaisir à donner du grain à moudre à ses détracteurs; ses récents métrages semblant aliéner une partie du public depuis plus de dix ans. Et son dernier en date - chapeauté en secret avec un Tom Cruise grimé jusqu'aux orteils - ne compte pas changer la donne. Le film nous prie même en introduction de ne pas divulgâcher l'expérience: on ne dira pas grand-chose ici, sinon que "Digger", satire chaotique de notre monde en dérive, est un pur OVNI greenlighté par un gros studio, certains diront, en dépit du bon sens - à l'instar du "Mickey 17" de Bong Joon-Ho. Grandiloquente, à la limite du cartoonesque et pas fine pour un sou, cette satire aux nombreuses couches méta peut s'enorgueillir toutefois de partis pris esthétiques léchés, de la photo de Lubezki faisant rayonner des visages glabres et des décors en décrépitude, et évidemment de la composition électrisante d'un Cruise en vieux mogul dépassé par les événements. Qu'on apprécie ou pas la démarche de la chose, force est de constater des audaces forçant le respect par bien des égards. Est-ce parfois vain, pompier et vaniteux comme d'autres films auteuristes du même calibre? Certes oui, mais c'est du film d'auteur avec panache.

En bref:  Farce satirique absolument grotesque et objet de cinéma théorique presque invendable sur le papier, "Digger" s'inscrit naturellement dans la filmo de l'auteur mexicain - avec ce que cela comporte de qualités comme de défauts. C'est bien simple: ici, Iñárritu fait passer du Verhoeven pour du Bergman!

Note: 13,9/20

 

25 septembre 2026

Critique ciné: "Primetime"

En 2006, Chris Hansen, le présentateur de l'émission To Catch a Predator, entreprend de marquer l’histoire de la télévision.

Programme phare de la télévision américaine, "To Catch A Predator" exposait les prédateurs sexuels interrogés sur leurs comportements par Chris Hansen, véritable inquisiteur télévisuel.  Le documentariste Lance Oppenheim fait de ce programme et de son présentateur le sujet de son premier long de fiction sous la bannière A24. Se servant habilement des écrans comme autant de déclinaisons d'une réalité peu flatteuse, le cinéaste propose un portrait d'une figure ambiguë, prosélyte cathodique engagé dans une guerre sainte télévisuelle qui nécessiterait toutes les compromissions possibles. Il ne fait pas pour autant la morale sur le procédé, ce qui aurait été de rigueur dans une production de ce genre. Il laisse par l'image le soin au spectateur de s'interroger sur la pertinence, la bonne foi et la réussite de l'entreprise. On aimerait voir plus de biopics armés d'une telle sobriété dans le traitement de leurs sujets.

En bref:  Parfois glaçant - autant pour la nature de son sujet sensible que pour ses figures controversées, "Primetime" est l'exemple type de sujet de cinéma aussi fascinant que casse-gueule qui aurait pu tomber dans la pudibonderie ou la vitupération performative. Fort heureusement, sa mise en scène parfois vertigineuse nous perd dans ses points de vues, nous permettant de nous laisser juges des spectacles qui se jouent. Très intéressant.

Note: 13,4/20

18 septembre 2026

Critique ciné: "Resident Evil"

Arnold et Maria, petit couple de souris sans histoire, tente de survivre

Auréolé du succès de son premier long "Barbarian",  le réal issu du milieu comique Zach Cregger s'est vu offrir une offre difficilement passable, à savoir réinjecter du sang neuf dans la franchise "Resident Evil". Et la confirmation de son second long, le récemment oscarisé "Weapons"-  grosse surprise du box-office de l'an passé - nous assurait peu ou prou que le cinéaste soit en capacité de redorer le blason d'une saga entachée par vingt ans d'épisodes filmiques peu reluisants. Force est de constater que le bougre, capable de livrer un ouvrage correct, est également doué lorsqu’il s'agit de créer des situations tendues et extrêmement craspec.  Sa montée crescendo de l'apocalypse zombie s'accorde hélas difficilement avec l'évolution d'un protagoniste lambda suscitant bien l'adhésion, mais dont l'agentivité au sein du récit le condamne ironiquement à ne jamais dépasser son statut d'avatar contraint d'avancer machinalement de niveau en niveau. Cependant, au vu du passif de la saga, on serait en droit de lui passer ces quelques points noirs, l'ensemble étant d'une tenue suffisamment correcte qu'on s'imagine en voir une amélioration dans une copie suivante.

En bref:  Résolument dégueulasse, parfois rigolo et un brin nihiliste, cette refonte de "Resident Evil" marque des points le haussement clairement au-dessus des précédentes itérations filmiques. Même si plombé par un avatar neuneu et des péripéties parfois téléguidées, le film de Cregger sait monter la tension lors de petits moments de bravoures horrifiques pas piqués des hannetons. On attend la suite (?)

Note: 13,4/20

9 septembre 2026

Critique cné: "Decorado"

Arnold et Maria, petit couple de souris sans histoire, tente de survivre aux affres d'un monde qui part à la dérive, contrôlé par une corporation toute puissante et peuplée d'individus tout aussi aliénés qu'eux...

Dessinateur de BD et réalisateur de courts-métrages auréolés de récompenses locales, l’espagnol Alberto Vasquez mûrit depuis de nombreuses années des univers angoissants peuplés d'un bestiaire aux couleurs chatoyantes. Ses deux précédents longs - Psiconautas et Unicorn Wars - étaient irrigués par des réflexions métaphysiques sur la détresse identitaire et à la santé mentale. Avec son dernier long, Vasquez y ajoute l'aliénation sociale, dépeignant une sorte d'équivalent cartoonesque de "Truman Show". Mais ici, les protagonistes, éreintés par les pressions de la société de consommation, voient leur échappatoire se faire constamment dans la douleur. Triste caricature de notre monde dont les couleurs criardes semblent être un palliatif à la détresse existentielle qui le nourrit, "Decorado" n'épargne personne, et son intention est aux antipodes de la morale rassurante d'un Disney. Vous voila bien avertis.

En bref:  Cartoon sous anxiolytiques à ne pas mettre entre toutes les mains: "Decorado" d'Alberto Vasquez est une expérience cinématographique singulière se démarquant du lot de l'animation mainstream. Une charge hautement métaphorique d'une tristesse infinie contre un monde qui broie les individus et intime à replacer les valeurs humaines au cœur de nos vies, sans toutefois se faire de grandes illusions. 

Note: 14,2/20

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