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Kapalsky

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21 août 2026

Critique ciné: "Fjord"

Fraîchement installée en Norvège, la famille Gheorghiu s'acclimate à la température basse et à la température basse et à l'accueil chaleureux de la population. Le séjour des membres, calmes et pieux, se déroule sans anicroche, jusqu'à ce que l'on soupçonne des violences sur les enfants...

Couronné de la Palme D'or de Cannes annuelle, le dernier drame de l'estimé cinéaste Cristian Mungiu entend faire autant de bruit silencieusement dans la sphère cinéphile qu'avait fait avant lui un métrage comme "Anatomie d'une Chute" - à savoir ausculter par le prisme cinématographique un sujet brûlant d'actualité, sans grand trémolos mais avec énormément d’ambiguïté.  Car cette histoire d'une famille religieuse aux prises avec les mœurs d'un pays semblant blanc comme neige critique rageusement un progressisme échevelé imposé en Europe. Le choix du décor n'est pas innocent, tout comme l'idée que la famille au centre du récit soit croisement entre deux nations que tout semble opposer. Comme dit plus tôt, la morale comme l’ambiguïté de ce scénario très actuel donnent à réfléchir, mais la position de son auteur, dépeignant la destructuration d'une structure familiale par des valeurs antipodes - semble peu ou prou claire sur la question.

En bref:  Traditions contre modernité, foi contre laïcisme... autant de duels intenses se jouant dans un décor neutre dans "Fjord", métrage à l'indéniable patte européenne, qui remet en cause les dérives d'un progressisme très actuel. Sa mise en scène au cordeau dépeint le délitement d'une structure familiale avec une colère larvée contre le système. Intéressant.

Note: 13,3/20

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20 août 2026

Critique ciné: "Mutiny"

Ancien flic reconverti en garde du corps, Cole Reed se retrouve dans une embuscade coutant la vie de son employeur. Il doit rétablir son innocence e montant à bord d'un porte-conteneurs pour emonter au bout de la conspiration...

Comme chaque année, Jason Statham nous revient avec une bonne cuvée de tatanne cimentant son statut de superstar du genre. En 2026, après avoir été successivement employé des postes, ouvrier en bâtiment et apiculteur, il endosse de nouveau la panoplie d'un badass undercover dans "Mutiny", série B déléguée à un Jean-François Richet aux antipodes du cinéma français qui à fait son succès. Malgré un début engageant - tentant de donner motivation et consistance au protagoniste - l'ensemble s'embourbe dans une prévisibilité et une mollesse indigne de l’énergie usuelle de Statham, préférant un jeu du chat et de la souris sur un tanker parsemée d'exécutions sommaires brutales. Digne héritier de "Piège en Haute Mer", ce métrage ne semble pas viser plus haut intellectuellement, même s'il s'en sort avec une facture décente.

En bref:  la croisière s'enflamme assez mollement dans "Mutiny", énième variation de Jason Statham en défenseur col-bleu de la veuve et de l'orphelin. Malgré un pitch promettant un "Die Hard" sur l'eau et le charisme de son protagoniste mutique, le rythme et l'humour manquent cruellement pour pimenter le tout. Un actioner du samedi soir à réserver aux aficionados only.

Note: 12,7/20

14 août 2026

Critique ciné: "La fin d’Oak Street"

Dans une banlieue pavillonnaire du début des 80, la famille Platt va se retrouver confrontée à un événement sans précédent: leur pâté de maison se retrouve du jour au lendemain propulsé dans une ère préhistorique...

Cinéaste acclamé depuis le succès de son  "It Follows", David Robert Mitchell quitte un temps les rives du cinéma d'auteur indé pour le blockbuster friqué, parrainé par le saint patron du mystère cryptique et de la récupération nostalgique J.J Abrams. Le résultat, s'il était intriguant sur le papier, l'est beaucoup moins une fois face au film. Car malgré quelques séquences adroitement mises en scène et un bestiaire parfois créatif, le métrage peine à se démarquer de ses influences, devenant de fait un énième émule des prods Amblin des 80s.  Pire encore, l'inanité de ses dialogues, ses inconsistances tonales comme sa fin bazardée annihilant tout les enjeux dramatiques posés en amont achèvent de faire de l'ensemble un exercice de style vain, ou sinon probablement trop engoncé par les directives du studio, ou son auteur livre une ouvrage propre et  sage  pour s'assurer une sortie confortable. Bref; si on ne boude pas totalement devant le métrage, généreux question douleur, on ne peut pas dire que ce soit formidable ou mémorable en tous points.

En bref:  Blockbuster finalement dans les clous tentant gentiment de pousser les potards du PG-13, "La Fin d'Oak Street" est un simili-Amblin qui coche les cases attendues du fantastique en milieu pavillonnaire. Le tout sans grand impact dramatique et d'une viscéralité hélas déréalisée par un final indigent. N'y allez que si les dinos et les familles dérangées vous fascinent.

Note: 12,7/20

6 août 2026

Critique ciné: "Kyma, l’onde mystérieuse"

Dans un petit village français sans soucis, les vies de trois adolescents vont être chamboulées par l’apparition d'une entité sonore qu'ils nomment Kyma... 

Le film de genre hexagonal, c'est tout sauf une sinécure. Entre le mépris généralisé des argentiers et les réticences du public local, c'est tout un pan de notre cinéma qui peine à s'élever dans les salles, faisant des rares productions ayant trouvé grâce auprès de distributeurs des petites miracles. Et en cette ère de franchises se déclinant ad vitam eternam, la moindre proposition un tant soit peu originale se doit sinon appréciée obligatoirement, d'être au moins encouragée. Sur le papier, "Kyma" donnait la puce à l'oreille, mais il faut hélas revenir sur sa facture assez mollassonne. Car même si son budget est loin d'être faramineux, cette aventure se revendiquant des productions Amblin manque du sérieux coup de pêche qui lui aurait permis une adhésion immédiate. Sa mise en place laborieuse et son écriture parfois hasardeuse des protagonistes nous perd en route, ce qui ruine dans l’œuf les bonnes intentions d'un script qui avait pour atout principal une entité dont l'empathie devait être garantie par une foi presque aveugle en son concept. Bien essayé, mais pas top. 

En bref:  Film de genre au budget rikiki mais à l'idée sympathique, "Kyma" est un simili-Amblin qui cohce quelques cases attendues et poncifs ennuyeux du cinéma héxagonal. Cela ne risque hélas pas de trop revigorer le cinéma de genre. 

Note: 12/20

30 juillet 2026

Critique ciné: "Spider-Man: Brand New Day"

Sans amis ni proches, Peter Parker endosse la tâche de l'Homme-Araignée jusqu'à ce qu'il atteigne son point critique. ce qui tombe mal, car un ennemi puissant menace la paix de New York une fois encore...

Cela fait déjà un moment que la hype du film de super-héros ne prend plus, le genre ayant désormais été détrôné par l'horreur indie chez les plus jeunes, tant en termes de popularité que de box-office. Mais l'irréductible Maison des Idées n'en démord pas, et tentant de redorer son blason malgré la piètre annonce d'un nouvel opus des Avengers, ils refont appel au bon vieux Tisseur pour une énième - annonce reçue tièdement suite à un précédent opus d'une médiocrité assez confondante. Confié au metteur en scène de "Shang-Chi", ce quatrième film sauce MCU arrivera t'il à réconcilier le public avec la formule? Eh bien surprise, sans atteindre de hautes cimes, "Brand New Day" s'avère être nettement plus potable que ses prédécesseurs, bénéficiant d'un script fourni de bonnes idées et d'une mise en scène pas avare en scènes d'action remuantes. Twists, pointes d'humour et réunions multiverselles: tout ce qui caractérise le film de comic-book moderne s'y trouve sans grand génie mais avec efficacité. Le signe d'une remontada probable ?

En bref:  Efficace sans qu'on crie non plus au génie, ni même au top du film de comic-book, "Brand New Day" coche les cases attendues tout en délivrant suffisamment de fan-service pour contenter les mordus du MCU. Un blockbuster qui se regarde sans déplaisir.

Note: 13,4/20

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16 juillet 2026

Critique ciné: "The Last Viking"

Deux frères se retrouvent après la sortie de prison de l'un des deux suite à une affaire de vol d'argent. Ce dernier, bien décidé à retrouver le butin, l'a confié à son frangin atteint de troubles du comportement...

Après moult excursions outre-Atlantique, Mads Mikkelsen retrouve son compère et collaborateur de longue date Anders Thomas Jensen, réal amateur de récits de marginaux à l'humour ultra-noir brossant une peinture peu flatteuse du Danemark. Et avec ce récit de deux frangins impliqués dans une embrouille à base de secrets de famille, d'handicaps mentaux et de groupe de musique amateur, il nous livre un métrage à la fois terrifiant et loufoque, dans lequel le glauque et l'absurde se côtoient dans un exercice d’équilibriste rondement mené. Du casting impeccable en passant par les situations tantôt horribles tantôt ricaneuses, Jensen ne nous ménage pas pendant deux heures, et parvient à nous saisir dans des moments de grâce incarnés, où les thématiques de la perception de la réalité et de la nuance des comportements humains prennent leur sens.  Chapeau.

En bref:  Barge et glauque comme savent nos voisins scandinaves en ont le secret, "Le Dernier Viking" est un petit bijou à ne pas mettre entre toutes les mains certes,  mais dont les bascules maîtrisées entre humour désinvolte et terreur palpable nous aggripent, renforçant notre empathie pour cette belle galerie de marginaux. Un des must-see de l'année 2026!

Note: 14,8/20

9 juillet 2026

Critique ciné: "Evil Dead Burn"

Lorsqu'Alice perd son mari Will, décédé dans un accident de voiture, elle se retrouve obligée de se recueillir avec la famille du défunt dans une demeure familiale. Mais une peine pire que la perte d'un proche s'annonce...

La saga horrifique "Evil Dead" rebootée en 2013 à abandonné le slapstick des débuts pour un premier degré gore d'une relative efficacité. Confiant sa franchise à des cinéastes trop contents d'y injecter du sang neuf, le bienveillant ordonnateur Sam Raimi à cette fois-ci placé ses espoirs en Sébastien Vaniček, auteur du remarqué "Vermines",  et nouvelle voix prometteuse de l'horreur hexagonale. Sans révolutionner la direction de la franchise - toujours gore et sans concessions -  l'auteur y apporte une maîtrise technique quasi-imparable en sus d'une optique féministe très en vogue dans l'horreur moderne. Et le métrage y va à cœur joie, réglant ses comptes avec la masculinité toxique et la famille nucléaire rance dans une débauche de violence montant crescendo, mise en image de manière inspirée. Devant un tel spectacle, on attend d'avance de voir si le futur "Evil Dead Wrath" rivalisera. 

En bref:  Opus ultra-violent qui entend donner un gros coup de sécateur à la violence des hommes et à l'aliénation familiale, "Evil Dead Burn" décoiffe, nous régalant de scènes horribles et parfois traversées de brins d'humour très noir. Une addition bienvenue à la saga joyeusement menée par des petits gars bien de chez nous. Idéal à voir en salles cet été!

Note: 14,2/20

8 juillet 2026

Critique ciné: "Toy Story 5"

Buzz, Woody, Jessie et le reste de la bande verront leur travail remis en question lorsqu'ils découvriront que ce qui obsède les enfants d'aujourd'hui s’appelle... l'électronique !

Les jouets d'Andy se refusent encore et toujours à être remisés au placard. Après les crises existentielles et périls humains, le gang de Woody doit affronter un péril renvoyant à son obsolescence : la technologie. Et comme toujours; nos héros vont sautiller en tous sens tels des anges gardiens de chiffon et de plastique. Retour du vétéran Andrew Stanton après une traversée du désert par la case live-action, "Toy Story 5" compte sur la bonhommie contagieuse de son casting haut en couleurs, bondissant sans ambages entre slapstick et spleen. Et si cet opus se hisse au-dessus du précédent, sa fabrication un poil désuète accuse quelque peu le coup: malgré sa tenue irréprochable , on sent bien que les forces vives de Pixar - autant comédiens que artisants - ne sont plus de la première fraîcheur. Très classique dans sa structure, plein de blagues à papa et un peu mou du genou, le tout nous rappelle aussi l'âge d'une franchise qui cherche, après trente ans d'existence, sa pertinence dans un monde de l'animation qui mute rapidement. Le film se lit donc à la fois comme un discours sur la place du studio d'Emeryville dans un écosystème en crise et leur place vacillante de mastodonte par l'entremise de leur saga séminale

En bref:  On pouvait crainte une énième redite, heureusement "Toy Story 5", à quelque chose à raconter, autant sur les affres du monde moderne que sur la place de Pixar dans l'échiquier du divertissement. Comme toujours, c'est doux-amer dans le ton et assez désuet question mise en scène, mais on retrouve avec plaisir un casting de joyeux lurons toujours à la recherche de beaux lendemains. Peut-être un opus majeur en devenir. 

Note: 13,8/20

3 juillet 2026

Critique ciné: "On l'appelait Robin des Bois"

Hanté par son passé après une vie de crimes et de violence, Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance de rédemption…

Auteur du remarquable "Pig", qui a donné à Nicolas Cage un de ses plus beaux rôles, Michael Sarnoski entreprend cette fois de démythifier une légende dans un métrage sous l'égide de la prestigieuse A24, trop contente de parrainer des métrages aux intentions démiurgiques ou post-modernes. C'est dans l'air du temps de ramener certaines figures sur le plancher des vaches, et Sarnoski s'y applique dans un exercice de style soigné mais qui tire un peu trop en longueur. Sa pose contemplative plombe quelque peu  sa réflexion sous-jacente sur l'impossibilité causée par la Loi du Talion, et les quelques séquences de violence crues parviennent à nous sortir de la torpeur. Vu la nature crespusculaire de son sujet, autant dire qu'il ne faut pas aller voir ce métrage si le moral n'y est pas.

En bref:  Méditation contemplative sur le cycle de la vengeance traversé d'éclairs de violence brutale, cette version réaliste et crue de Robin des Bois bénéficie d'interprétations au cordeau et d'une belle photo, mais perd parfois par son rythme lénifiant. Un film d'auteur respectable.

Note: 13/20

23 juin 2026

Critique ciné: "Le Vertige"

Il est cinq heures du matin lorsque Jacques débarque chez son meilleur ami Bruno pour lui annoncer une révélation folle: il peut prouver que le monde dans lequel ils vivent est un monde virtuel...

Un high-concept barré et un casting pas piqué des hannetons assemblés dans un métrage de moins d'une heure qui divise autant qu'il fascine : pas de doute, on est bien chez Dupieux. Le stakhanoviste de la comédie hexagonale continue inexorablement de tracer son sillon en investissant cette fois-ci le terrain de l'animation - une animation type previz à l'esthétique volontairement cheap servant de terreau à son postulat éminemment post-moderne. Cependant, même si son humour pince-sans-rire et l'attrait visuel fonctionnent durant les vingt premières minutes, l'exercice tourne vite à vide, sans conclusion très satisfaisante ni proposition métaphysique suffisamment solide pour entériner sa chute dans le terrier du Lapin Blanc. Reste toujours quelques embardées habituelles de l'auteur pour secouer l'apparent calme de son récit, mais cela ne suffit guère. Il y'avait pourtant de quoi faire avec un tel matériau, mais Dupieux se contente d'en gratter le vernis satiriquement tout en citant des œuvres plus marquantes y étant liées. Une blague un poil longue, donc.

En bref:  "Le Vertige" n'est pas encore en mesure de nous le donner. Derrière l'afféterie visuelle et la promesse d'un high-concept dingo se dévoile une comédie satirique parfois drôle mais qui tourne vite à vide, comme trop flippée par la riche teneur de son sujet. Pas désagréable à regarder, mais un opus mineur dans la carrière qu'un Dupieux qui ferait bien de ralentir sa cadence effrénée de production. 

Note: 13,1/20

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