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Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

Point phare de cette période trouble que fut la Guerre Froide, l'allunissage d'Apollo 11 figure parmi les victoires nationales dont l'Amérique à raconté l'histoire maintes fois en bientôt cinquante ans. Le génial cinéaste Damien Chazelle s'empare de ce sujet qu'il chérit depuis des lustres, sous l'égide de maitre Spielberg, pour accoucher de "First Man", drame carré et solide, mais qui ironiquement, peine véritablement à décoller. En effet, l'auteur de "Whiplash" et "La-La-Land" effectue avec ce biopic très bien documenté un vrai virage à 180°, abandonnant l'émotion à fleur de peau et la maestria technique de ses deux opus précédents pour signer un métrage aux interprétations peu engageantes et aux cadres serrés, ce qui lui donne des airs de drame claustrophobique. Comme trop soucieux d'être respecteux des faits historiques, tel un élève récitant bien sa leçon, Chazelle s'impose une mise en scène académique. Là où on attendait que Chazelle nous décroche à nouveau la Lune, il nous y met très sagement en orbite.

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En bref: Blockbuster indéniablement réussi dans sa fabrication, "First Man" est aux antipodes du cinéma vibrant et intense de Damien Chazelle. Plus capsule historique que grand drame existentiel ou réflexion qui aurait pu s'élever au-delà de la reconstitution sage, le film ne détonne jamais, et comble de la chose, ne valorise que trop rarement un sujet fantasmatique taillé pour le cinéma.


Note: 13,4/20