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En 2045, ère de précarité extrême, l'humanité s'abrite en masse dans l'OASIS, la réalité virtuelle la plus immersive jamais créée, et véritable pilier de l'économie globale. Lorsque que son créateur, l'excentrique James Halliday, annonce son décès, il déclare ouverte une course à l'"easter egg", dont la récompense suprème n'est autre que la possession de sa compagnie et ses richesses. Wade Watts, jeune accro à la culture des années 80, pense avoir l'étoffe du héros...

Après la magistrale leçon de mise en scène "The Post", le nouveau cru Spielberg se débouche enfin sur nos écrans. Il faut dire que les cinéphiles de tous bords attendaient fébrilement l'adaptation du roman semi-culte d'Ernest Cline, sur lequel le légendaire cinéaste à jeté son dévolu parmi la pelletée de projets qu'il ambitionne de porter à l'écran. Ce qui fascine plus que le film depuis son annonce, c'est la nature ouroborosienne de la chose: Spielberg transpose un hommage d'un pan de la culture dont il faut l'un des plus ardents chantres. Mais au-delà de cette dimension méta ô combien spéciale dans notre sphère culturelle actuelle, que vaut "Ready Player One"? En tant que blockbuster surdosé de séquences impressionantes, conçu comme un fil presque non-stop de money shots, le film est une réussite. A l'instar des quêtes vidéoludiques bateau qu'elle singe, l'intrigue du film se réduit à sa plus simple expression, permettant au metteur en scène et ses comédiens d'explorer cet univers virtuel fantasmatique avec la virtuosité et l'énergie d'un enfant plongeant les mains dans un immense coffre à jouets. Et même si le jeu des références et clins d'oeils légion peuvent agacer sur la longueur, leur utilisation demeure pour une fois ludique, au-delà du simple agrégat de citations conçues pour titiller la fibre nostalgique du geek. En orchestrant cette aventure old-school, certes non sans défauts, Spielberg réussit offre un tremplin de réflexion limpide sur le devenir des réalités virtuelles et l'importance de l'imaginaire dans notre conscient collectif. De quoi lui assurer donc le statut de futur film culte.

afficheReadyPlayerOne

En bref: Pur blockbuster d'aventures dans la veine des prods Amblin old-school, lettre d'amour ultime à la pop-culture 80's et nerdgasm fait film, "Ready Player One" emballera grand public et geeks patentés sans problème. Au-délà des séquences d'anthologies et des clins d'oeil geek, c'est un appel à l'imaginaire que Spielberg délivre avec sa maestria habituelle. A voir en salles, évidemment!


Note: 15,6/20