GITS1

Dans un avenir proche où la technologie et l'humain fusionnent, la Section 9 riposte contre les nouveaux types de criminels. Cybord dotée d'un cerveau humain, le Major fait partie de cette unité d'élite. Elle va bientôt devoir affronter un redoutable hacker, capable de pirater des corps à distance...

"Ghost In The Shell", manga culte de Masamune Shirow, nageait dans les eaux du development hell depuis quelques décennies. Son premier portage ciné en 1995 par le metteur en scène Mamoru Oshii, marqué par de captivantes interrogations philosophiques, posera les jalons pour les nombreuses déclinaisons qui sont produites dans son pays d'origine. A contrario d'Oshii, qui transcendait le matériau d'origine en poussant ses réflexions thématiques, les auteurs de cette mouture ricaine ne se sont manifestement pas trop gratté le ciboulot. Aussi, on devrait moins s'offusquer de la stérile controverse du whitewashing et davantage pester sur le nivellement par le bas du matériau de base. Misant tout sur une direction artistique émaillée ça et là de rares fulgurances visuelles, le réal Rupert Sanders et son équipe orchestrent mécaniquement un récit de la taille d'un timbre poste, où humour, humanisme et réflexion sur le devenir de l'homme sont envoyées aux orties. Dépouillée de sa substantifique moelle, l'oeuvre de Shirow, sous le prisme du blockbuster crétinoïde, ne ressemble plus qu'à un pale assemblage de plans référentiels et de scènes d'actions vides de tout impact, pouvant à la limite faire illusion à l'oeil du néophyte béat. Sous le vernis chatoyant d'un univers multiculturel et coloré futuriste ne subsiste aucun concept ou aucune proposition fraîche, ce qui rend le tout d'office caduque. En même temps, il fallait s'y attendre.

afficheGhostInTheShell

En bref: Adaptation sans substance ni éclat du manga cyberpunk éponyme, "Ghost In The Shell" peut séduire le néopythe grace à ses visuels recherchés et la plastique de son héroîne monolithique, mais risque de faire grincer les dents des aficionados. Enjeux stérils, thématiques aplanies et personnages sans reliefs: du cinéma pop-corn qui semble prendre plaisir à bousiller une oeuvre puissante. Il n'y a pas de ghost dans ce réceptacle.

Note: 11/20