Snowden1

Jeune prodige de l'informatique qui s'est reconverti après un passage à l'armée, Edward Snowden intègre les services secrets avec un idéal d'intégrité patriotique. Mais lorsqu'il apprend au cours de son service que la politique de cyber-surveillance consiste à répértorier les données personnelles de milliers d'individus, il va se mettre en guerre contre le système qu'il est supposé entretenir...

Cinéaste à la réputation établie de poil à gratter des institutions ricaines, Oliver Stone n'a eu de cesse d'ausculter la nation à la bannière étoilée, de ses figures controversées en passant par ses félures sociétales. Son nouveau métrage, forcément loin d'être adoubé par le gouvernement, possède non seulement le sujet idéal pour orchestrer un thriller moderne, mais tente également de faire la lumière sur cette débacle houleuese et complexe qu'est la protection de la vie privée sur la Toile. Si la dimension pamphlétaire ne saute pas vraiment aux yeux, c'est parce que Stone, dont la mise en scène colle au plus près de ses quelques acteurs, cherche moins à fustiger les dérives de l'administration qu'à illustrer le tourment moral auquel est soumis son personnage principal, dont le chemin de croix se mue en exil politique. En faisant ce film, Stone prend évidemment le parti de Snowden, en qui il trouve un exemple de moralité et de tenacité exemplaire. Ce sera au spectateur, en fin de compte, de juger du bien-fondé des actions de son protagoniste.

singStreet1


1985. Conor est un jeune irlandais coincé entre un milieu scolaire strict et un foyer brisé par un divorce imminent. Afin d'obtenir les faveurs de Raphina, brune au look de starlette, il se met en tête de monter un groupe de musique, afin de faire participer la belle à ses clips vidéo...

Si Ken Loach et consorts se font fait les porte-voix de leurs humbles camarades issus de milieux défavorisés, ils ne sont évidemment pas les seuls. Le cinéaste John Carney aborde le sujet en refusant tout fatalisme, et surtout, en embeliisant ce contexte avec une bonne dose de musique et de bonne humeur. "Sing Street", son sympathique feel-good movie, dont il co-signe les quelques balades pop, mettera au moins du baume au coeur à tous les nostalgiques des 80s et aux âmes en mal d'amour, qui sauront se reconnaitre dans ce touchant portrait d'un ado à la découverte de soi, de l'amour et de la musique. Dommage que toute cette énergie, déployée dans un premier tiers saisissant et relayée par un casting de jeunes têtes talenteuses, s'étiole au profit d'une romance guimauve et d'un final quasi-larmoyant. Toutefois, l'enthousiasme redécolle lors de chouettes séquences musicales drolement rythmées. Un film qui à, à première vue, tous les ingrédients pour en faire un film culte.

afficheSnowden

En bref: Ennemi public, héros du peuple, figure controversée de ce début de XXIème siècle, Edward Snowden fait l'objet d'un remarquable biopic, livrée par un Oliver Stone toujours aussi en colère. Efficace question mise en scène, porté de bonnes prestations, le film pose une réflexion intéressante sur les différences entre devoir patriotique et responsabilité morale. Pas du grand cinéma à proprement parler, mais du cinéma sur un sujet qui compte.

Note: 15,3/20

 

 

 

afficheSingStreet

En bref: Quête identiaire à base de musique pop et de gentille rebellion adolescente, "Sing Street" est une comédie dramatique à la structure prévisible certes sympathique, mais qui abandonne son énérgie et ses personnages au profit d'une histoire d'amour lambda dans le genre. On ne boude cependant pas son plaisir lors des scènes musicales, partculièrement réussies.

Note: 13/20