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Dernier survivant de la planète Krypton, détruite au pinnacle de sa civilisation, le jeune Kal-El grandit sur Terre, adopté par un couple de modeste paysans. Rebaptisé Clark Kent, le jeune homme découvre à mesure qu'il grandit ses capacités surhumaines. Elevé dans la foi en la bonté humaine et l'image d'un idéal à atteindre, Clark se mue peu à peu en un héros porteur d'espoir, chargé de sauver le monde...

C'est en grande fanfare que la première grosse machine hollywoodienne de l'été débarque enfin sur les écrans. Après avoir redoré le blason du Chevalier Noir, la Warner à tout misé pour remettre le super-héro quintessentiel au devant de la scène, balayant pour le coup l'accueil mitigé du "Superman Returns" de Bryan Singer. Avec Christopher Nolan en producteur éxécutif, David S. Goyer au scénario et le "visionnaire" réal de réclame Zack Synder aux commandes, la renaissance de Superman était attendue au tournant. Disons-le tout de suite, pour apprécier "Man Of Steel" en tant que solide divertissement, il faut réviser son héros en collants, mais surtout revoir impérativement ses attentes. Malgré sa production énorme et ses deux heures vingt bien remplies, le film souffre de bien nombreux défauts. Le principal étant son scénario, tentant d'etre à la fois récit d'origine et de combat décisif. Un parti pris narratif qui met de coté le développement de ses personnages et se tire une balle dans le pied à coups d'ellipses et de flashbacks, qui, s'ils servent à appuyer des séquences phares, noient le néophyte dans un déluge de détails difficiles à connecter. Le film aurait gagné, à la manière de "Batman Begins" et "The Dark Knight", à se focaliser sur la découverte du héros et laisser l'affrontement avec une éventuelle Némésis pour un second épisode. Alors que les scènes dramatiques ont droit à un traitement visuel digne de spots publicitaires, Snyder, connu pour l'over-stylisation et utilisation de ralentis sur fond verts, nous livre des scènes d'action en grande partie brouillonnes et illisibles. A l'inverse de ses tics de mise en scène habituels, du découpage de l'action donnant dans l'esthétisme poseur (Watchmen, 300), le film s'engage dans des séquences de baston nerveuses et brutales, manquant cruellement d'impact. "Man of Steel" est-il un mauvais film en fin de compte? Pas du tout, mais ses erreurs tendent à obscurcir les bons points d'un reboot qui part pourtant sur de bonnes bases. On retiendra dans les bons points une photo réussie meme si grandement delavée, une réinterprétation du mythe ambitieuse et quelques scènes réussies. Le boyscout bleu est de retour, mais pas encore avec l'aura iconique qui le caractérise.

afficheManOfSteelEn bref: "Man Of Steel" est un film mi-figue mi-raisin, qui réintroduit de manière maladroite mais rythmée le mythe du dernier Homme de Krypton. Si son script confus n'emporte pas toujours l'adhésion, précipitant trop les évenements pour donner dans le spectaculaire au détriement du développement de ses personnages, le film est suffisamment bien mené et impressionant pour captiver sur la durée. Effets spéciaux à gogo, action brutale et démésurée et casting au top du drame: le blockbuster dopé aux amphètes de l'été est arrivé. Bien pressé.

Note: 14,2/20